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Au Venezuela, une partie de l’opposition joue le jeu des élections législatives

·4 min de lecture

Alors que le Venezuela vit les derniers jours de campagne pour les législatives qui se tiendront dimanche 6, dix partis se présentant comme une alternative au camp de Nicolas Maduro ont choisi de jouer le jeu de cette course pour la dernière institution du pays qui échappe au contrôle du parti au pouvoir. Comme le parti Cambiemos. Pourtant, une grande partie de l’opposition alliée au président auto-proclamé Juan Guaido a choisi de boycotter ce scrutin.

De notre envoyée spéciale à Caracas,

Parmi une salle comble de militants en polos violets, la couleur du parti Cambiemos, Walmer Pereira estime que participer au scrutin est la seule façon pour son pays d’aller de l’avant. « Nous pensons que la solution vient du vote. Nous, on n’a pas le soutien de la communauté internationale. La solution, nous l’avons en nous », estime l’homme de 25 ans.

Une opposition claire à Juan Guaido, soutenu par une cinquantaine de pays qui le reconnaissent président par intérim du Venezuela, dont l’Union européenne. Ce dernier a choisi d’appeler au boycott du scrutin et accuse les partis qui ne suivent pas cette ligne d’être des alliés déguisés du parti au pouvoir.

La position des fidèles à Juan Guaido « n’est pas soutenable », selon le secrétaire général de Cambiemos, Timoteo Zambrano : « Ce que propose l’autre partie de l’opposition n’est pas soutenable dans le temps et s’appuie sur des sanctions qui affectent gravement la population. Le gouvernement vit en ce moment ses heures les plus sombres : 84 % de la population le rejette. Il n’y a pas de meilleur moment pour le vaincre ! »

Cambiemos, et le bloc auquel ce parti appartient, disent espérer remporter au moins 50 % des sièges à l’Assemblée nationale. Timoteo Zambrano espère cependant un relatif équilibre des forces, qui permettra selon lui de négocier des projets de loi urgents - notamment en matière économique - avec le parti au pouvoir.

À regarder aussi : Législatives au Venezuela: le nouvel espoir des populations les plus modestes

Des chiffres du Covid-19 très inférieurs à la réalité ?

Une partie de ce rejet du pouvoir est également dû à la pandémie de Covid-19. En amont des élections législatives, le Venezuela a assoupli son confinement mardi 1er décembre, entamant une phase qui devrait durer tout le mois de décembre, avant un nouveau confinement prévu au mois de janvier.

Si le Venezuela n’a comptabilisé que 102 000 cas de Covid-19 et un peu moins de 900 morts, officiellement, ces chiffres sont très en dessous de la réalité, selon plusieurs ONG locales.

Les Vénézuéliens évitent les hôpitaux publics, dépourvus de « bons médecins »

Dans ce pays touché par une grave crise économique, de nombreux Vénézuéliens n'ont pas confiance dans les hôpitaux publics, délabrés et en manque de personnel. Ce sont pourtant ces établissements qui sont désignés par le gouvernement pour accueillir les malades.

Lorsque Mario Suarez a ressenti les premiers symptômes du Covid-19 il y a deux mois, son idée était surtout d’éviter l’hôpital public : « Il n’y a pas de médecins, tous les bons sont partis à l’étranger. Il n’y pas non plus de médicaments, il n’y a rien, ici, il n’y a rien. Tu ne vas pas mettre ta vie ou celle de ta femme, ou de tes enfants, dans les mains de quelqu’un qui n’est pas qualifié », explique-t-il.

Mario Suarez se dirige donc vers une clinique privée. Lorsque les radios montrent une infection pulmonaire, il se résout à sacrifier tout son équipement de travail. Laveur de vitres spécialisé dans les « travaux en hauteur », il revend son baudrier et ses cordes pour payer son traitement, puis son test PCR déniché grâce à un ami. Là encore de peur de fréquenter le système de santé public.

« Il peut se procurer des tests parce qu’il a une grande entreprise et il teste ses employés chaque semaine. Donc il m’a fourni deux tests, un pour ma femme et un pour moi, à l’issue de mon traitement, et c’était bon, je m’étais débarrassé du Covid-19 », raconte-t-il.

Mario Suarez dit avoir perdu ses deux oncles de la maladie, ainsi qu’une personne dans la famille de sa femme, ce qui lui fait douter du bilan officiel du Covid-19 au Venezuela. Aujourd’hui, il se dit toujours très fatigué, avec des difficultés à respirer, et il n’a pas non plus retrouvé le goût ni l’odorat. Mais il a dû reprendre son travail sur les immeubles de Caracas en empruntant pour racheter son matériel.

► (Ré)écouter : Venezuela: la poursuite du déclin?