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Au Venezuela, le dollar s'enracine durablement au détriment du bolivar

·2 min de lecture

Avec trois ans d'hyperinflation et sept ans de récession au compteur, le Venezuela, qui s’apprête à organiser des élections législatives ce dimanche, connaît la pire crise économique de son histoire. Face à la dévaluation du bolivar, la monnaie locale, qui a encore perdu 80% de sa valeur depuis janvier, le dollar a pris de plus en plus de place. Encore utilisée en sous-main il y a quelques mois, il représente désormais 70% des transactions, selon les économistes du bureau Ecoanalitica.

Avec notre envoyée spéciale à Caracas, Marie Normand

Luisa Maria vend des noix de coco sur le bord de la route. Elle s’est mise à afficher ses prix en dollars il y a six mois environ : « Tu ne peux travailler sinon ! affirme-t-elle. Parce qu’aujourd’hui les gens ont surtout des dollars en poche. »

Juste à côté, Yoan Martinez vend des ignames et du manioc. « Avec ça, je gagne environ 50 dollars par mois. Ça ne suffit pas. Ça me permet juste de survivre, d’acheter de quoi manger chaque jour », explique-t-il.

►À lire aussi : Au Venezuela, le règne du dollar

Pour s’assurer des revenus en dollars, de nombreux Vénézuéliens, classe moyenne inclue, vivent de la revente de produits qu’ils achètent en gros ou qu’ils cuisinent eux-mêmes à la maison. C’est le cas de Gracia Moreno : « Je travaille pour le gouvernement, témoigne-t-elle. Avec la dévaluation du bolivar, je gagne aujourd’hui moins d’un dollar par mois. Un dollar, c’est le prix d’un café. Et c’est plus que le salaire minimum ici. Donc à côté de mon travail, je vends des snacks. C’est avec ça que je survis. »

Le bolivar n'inspire pas confiance

Impossible de croire en la monnaie nationale, le bolivar, du fait de sa dévaluation constante, explique l’économiste Luis Oliveros. « Les gens qui offrent leurs services ne veulent pas le faire en bolivar parce qu’ils ne savent pas combien ils seront réellement payés au final. Parce qu’on en est à trois ans d’hyperinflation et rien n’indique que la situation va changer, commente-t-il. Au début, le gouvernement faisait la chasse à ceux qui fixaient leurs prix en dollars. Mais il s’est rendu compte qu’il ne pouvaient pas aller à contre ce phénomène. »

L’économiste ne croit pas à une dollarisation formelle de l’économie vénézuélienne, notamment du fait des sanctions américaines. Mais il estime qu’il sera difficile de revenir en arrière, que le dollar est bien là pour rester au Venezuela.