La bourse est fermée

Au bureau, la plupart des réunions ne servent à rien

Les réunions font rarement avancer les choses. Selon Pierre Blanc-Sahnoun, les vraies décisions se prennent à deux ou trois, devant un café ou un whisky, le reste c'est du story-telling.

La plupart des réunions ne servent à rien. Tu le sais, tes chefs le savent, tout le monde est au courant, mais tout le monde fait semblant de croire que ces enchaînements de meetings, de visios et de calls contribuent à la création de valeur alors qu'ils consomment du temps, de l'énergie et du stress. As-tu déjà fait le calcul du coût faramineux de la minute de CoDir où rien ne se décide et où aucun dossier n'avance (sinon pour dire qu'il est urgent de créer une task force dédiée) si l'on additionne les salaires de ces messieurs-dames de la Direction et que l'on ajoute les charges ?

En réalité, une équipe peut se réunir debout, chacun connaît ses dossiers et informe les autres, on passe en revue les feux verts, oranges et rouges, en une demi-heure c'est plié. Pas de tables, pas de chaises, pas de fourbes qui font leur courrier en douce. Alors pourquoi on continue ?

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Dans les âges farouches de la préhistoire du management, c'est à dire les années 50 du XXème siècle, il n'y avait pas de réunions. Les instructions du Chef tombaient, on les exécutait, point barre, retour chariot. Les réunions sont nées avec le peuple des "cadres" et les "cadres" sont nés en même temps que la complexification des techniques de management (le premier cours de marketing a été donné à HEC en 1964). C'est tellement bizarre aujourd'hui le mot de "cadre", ce Neandertal du manager sapiens, quand on l'utilise en dehors du contexte des conventions collectives qui ont structurellement 50 ans de retard. Car dans les années 70, être " cadre supérieur " et faire répondre par sa secrétaire (oui, ils avaient des secrétaires) "il est en réunion", c'était du dernier hype !

De cette époque, date la multiplication des réunions et le développement d'une nouvelle névrose organisationnelle : la "réunionite". Mais le feu d'artifice, l'explosion, le Disneyland des réunions, c'est l'organisation matricielle en processus. C'est un objet narratif flou,


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