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Au bord de la récession, l'économie allemande peut-elle rebondir ?

En matière de conjoncture, le pire n’est pas toujours sûr. L’économie allemande y a échappé cet été en se maintenant tout juste au-dessus du seuil de récession : après un repli de 0,2% au deuxième trimestre (-0,1% estimé initialement), son PIB a progressé de 0,1% au troisième trimestre.

Le consensus tablait sur une baisse de 0,1%, qui aurait matérialisé une situation récessive (deux trimestres consécutifs de contraction du PIB).

L'industrie frappée au cœur

Locomotive du Vieux Continent pendant près d’une décennie, la conjoncture outre-Rhin a, à la surprise générale, nettement freiné à partir de début 2018, bien davantage que l’ensemble de la zone euro.

Elle est depuis engagée dans un «faux plat» résultant de deux forces contraires. D’un côté, une profonde déprime de l’industrie exportatrice, son traditionnel point fort. Le secteur est plombé par le ralentissement des échanges mondiaux, alimenté par le conflit commercial sino-américain et les incertitudes liées au Brexit.

Sans compter le freinage de la Chine, premier partenaire commercial de l’Allemagne. La conjoncture outre-Rhin est en outre très dépendante de l’automobile (20% de sa production manufacturière et près de la moitié de son excédent commercial), secteur qui a été bouleversé par les nouvelles normes environnementales, en septembre 2018.

La consommation résiste

Mais le reste de l’économie résiste plutôt bien. Au troisième trimestre, la croissance «provient principalement de la consommation», a indiqué l’institut national des statistiques Destatis, qui détaillera les chiffres du PIB à la fin du mois.

Les dépenses des ménages sont soutenues par un marché de l’emploi toujours solide (le chômage est à 3,1%), une inflation faible et des taux bas.

La conjoncture se trouve ainsi tiraillée «entre un monde dépressif et un monde insouciant», résume Carsten Brzeski, chef économiste ...