Assurance vie : pourquoi les performances des contrats 100% internet n'ont pas fini de baisser

Frais limités, outils de gestion efficaces… à première vue, les contrats d'assurance vie en ligne ont tout pour plaire. Sauf qu'en 2012, les fonds en euros associés à ces contrats ont servi des rendements bien moins mirobolants que les années précédentes, parfois inférieurs à 3%*. Et cette tendance devrait se poursuivre, prévient Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Goodvalueformoney.eu , qui évalue le rapport qualité-prix des contrats d'assurance.

Capital.fr : En 2012, les performances des fonds euros des contrats d'assurance vie distribués exclusivement sur internet, habituellement supérieures à la moyenne, ont déçu. Pourquoi ?
Cyrille Chartier-Kastler : Cela tient au modèle économique même de ce segment. Au départ, les concepteurs de ces contrats 100 % internet tablaient sur le fait que les clients captés investiraient significativement dans des unités de compte, autrement dit dans des fonds investis sur les marchés financiers. Cela aurait permis de compenser la faiblesse des frais de gestion, car ces unités de compte sont bien plus rentables que les fonds en euros pour les assureurs. D'une part, les sociétés de gestion partenaires leur versent des rétrocessions. D'autre part, les exigences en matière de fonds propres, à bloquer en contrepartie des montants investis, sont 4 fois plus faibles. Pour que le business-model soit viable, il aurait fallu que les clients placent au moins 40 % de leur épargne dans des unités de compte. Or, cette proportion est de seulement 20 % actuellement. Et les turbulences sur les marchés financiers n’ont pas vraiment incité les épargnants à prendre davantage de risques. Le seul moyen pour les assureurs de dégager un peu de marge sur ces contrats low-cost est donc de baisser le rendement des taux des fonds en euros associés, quitte à subir une moindre collecte. Et c'est sans compter le durcissement à venir de la ...

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