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Assurance-vie en ligne : les sites préférés des internautes

Emmanuel Schafroth
Emmanuel Schafroth
L'assurance-vie se souscrit de plus en plus en ligne

L'assurance-vie est-elle toujours le placement préféré des Français ? A vrai dire, oui ! S'ils l'avaient un peu boudé en 2012, avec des retraits nets de 6 milliards d'euros, la collecte nette (nouveaux versements diminués des retraits) est redevenue positive de 11 milliards en 2013.

Au total, ce sont plus de 1.460 milliards qui sont déposés sur ce type de contrats : quelque 22.000 euros par Français en moyenne. Une tendance de la décennie écoulée est le fait que la souscription des contrats d'assurance-vie bascule de plus en plus vers internet, tout comme l'usage des services bancaires.

 

Assurance en ligne : une concurrence de plus en plus rude

A fin 2013, Boursorama, filiale de banque en ligne de la Société générale, revendique ainsi 135.000 comptes assurance-vie et OPCVM et ses encours en assurance-vie ont augmenté de 11% pour atteindre 2,9 milliards d'euros. ING Direct n'est pas loin derrière, avec des encours qui dépassent désormais les 2,5 milliards d'euros. Une cohorte d'acteurs indépendants ne sont aussi engouffrés dans la brèche, à l'image de Linxea, qui a ouvert depuis 2001 environ 15.000 comptes, pour des encours de 590 millions d'euros.

Un contrat d'assurance-vie est assez complexe, ne serait-ce que parce qu'il renferme généralement un nombre assez important de produits financiers : à côté du fonds en euro, au capital garanti, ce sont parfois plusieurs centaines de fonds qui sont accessibles au travers d'une seule et même enveloppe. Lorsque la souscription d'un tel contrat ne se fait plus dans le bureau feutré d'un intermédiaire financier mais sur le web, tout l'enjeu de l'ergonomie du site est de créer la confiance de l'internaute pour susciter l'acte d'achat.

 

Les Français prêts pour la souscription en ligne

Une récente enquête de l'Observatoire Yuseo de l'e-performance auprès de 7.500 internautes montre que les Français semblent pour une bonne part prêts à souscrire en ligne un contrat d'assurance-vie : 41% d'entre eux privilégient une démarche tout internet, contre 29% préférant un échange avec un conseiller financier et 30% n'étant tout simplement pas intéressés par un tel produit. Sans surprise, la thématique de la clarté des frais de gestion est une de leurs premières préoccupations, devant la clarté de présentation.

Surtout, l'enquête a permis d'évaluer l'attractivité relative auprès des internautes de six sites de souscription d'assurance-vie, qu'ils soient filiales de banques ou distributeurs indépendants de produits financiers. Il a d'abord été demandé aux internautes de visiter les sites avant qu'ils ne soient amenés à effectuer trois autres "missions", comme la recherche de l'offre la plus adaptée à un profil d'investisseur prudent. Ensuite, les internautes ont noté les sites visités sur six critères : l'attractivité, la confiance induite, l'image, la mise en scène de l'offre, la navigation sur le site et la qualité de la recherche d'information. Enfin, les internautes ont donné une note générale à chaque site.

 

Quels sites suscitent la confiance des internautes

En moyenne, les sites d'assurance-vie en ligne ont ainsi obtenu une note de 5/10 au test : une note qui peut sembler assez médiocre mais, comme le rappelle Yuseo, est supérieure aux scores obtenus par les sites spécialisés en assurance santé ou auto à un test similaire. C'est ING Direct qui se distingue positivement de la concurrence : il arrive en tête sur les six critères, avec une note égale ou supérieure à 6 sur chacun d'entre eux et une note de satisfaction générale de 6,6/10. A l'opposé, Altaprofits arrive dernier sur 5 critères et obtient une note de satisfaction générale de 4,2/10, derrière Assurancevie.com (4,5/10). Dans le ventre mou du classement, BforBank (note générale de 4,6/10) et Boursorama (5/10) ne parviennent pas réellement à capitaliser sur une première impression favorable, ce dernier terminant avec la même note que Linxea, sixième site analysé. C'est souvent la clarté des informations ou l'absence de possibilités de simulations qui font défaut. De quoi expliquer un paradoxe apparent : car c'est avec une offre limitée à 18 fonds, c'est-à-dire bien moins fournie que la plupart de ses concurrents, qu'ING Direct fait la différence. Trop de choix tuerait-il le choix ?

 

Emmanuel Schafroth