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Assaut du Capitole: une étrange "cellule de crise" dans un hôtel de luxe au cœur de l'enquête

·3 min de lecture
Une bannière sur l'hôtel Willard Intercontinental indique « Le Willard Intercontinental salue le 46e président de l'Amérique » le 16 janvier 2021 à Washington. - Justin Sullivan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Une bannière sur l'hôtel Willard Intercontinental indique « Le Willard Intercontinental salue le 46e président de l'Amérique » le 16 janvier 2021 à Washington. - Justin Sullivan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Une "cellule de crise" dirigée par des conseillers de Donald Trump depuis un hôtel de luxe de Washington est désormais au centre de l'enquête parlementaire sur l'attaque meurtrière contre le Capitole le 6 janvier.

Les avocats Rudy Giuliani et John Eastman, ainsi que Steve Bannon, proche allié de l'ex-président, se sont retrouvés au Willard InterContinental, tout près de la Maison Blanche, avant et après l'assaut sur le siège du Congrès par des milliers de partisans de Donald Trump qui voulaient empêcher les élus de valider la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

Avec d'autres responsables républicains, ils sont suspectés d'avoir fait la liaison entre la Maison Blanche et des groupes ayant participé à la grande manifestation "Stop the steal" ("Stop au vol" des élections) organisée le 6 janvier, selon la commission d'enquête spéciale de la Chambre des représentants, qui veut poursuivre Steve Bannon pour avoir refusé de témoigner.

L'hôtel du lobbyisme

Les explications de l'ancien conseiller de 67 ans, l'un des artisans de la victoire de Donald Trump en 2016, sont considérées comme essentielles pour comprendre ce que faisait l'hôte de la Maison Blanche le jour de l'assaut.

Steve Bannon est soupçonné par les parlementaires d'avoir joué un rôle "dans l'opération de communication de la campagne 'Stop au vol' qui a motivé l'attaque" du Capitole, et d'avoir "participé aux événements ce jour-là" depuis la cellule de crise de l'hôtel Willard.

Depuis 1847, l'élégant hôtel accueille une clientèle aisée, des responsables politiques et des dignitaires visitant la capitale américaine ou la Maison Blanche. Le terme "lobbyiste" semble d'ailleurs avoir été popularisé à Washington pour désigner ceux qui fréquentaient le hall d'entrée (lobby, en anglais) de l'hôtel Willard en espérant approcher le président Ulysses Grant, habitué des lieux.

Déterminer les responsabilités

Dans la période précédant le 6 janvier, des dizaines de proches de Donald Trump impliqués dans la tentative de renverser la victoire électorale de Biden ont à leur tour visité l'établissement, selon le journaliste indépendant Seth Abramson.

Sur son site internet Proof, il cite notamment le conseiller politique conservateur Roger Stone, l'ancien porte-parole Jason Miller, le conseiller de campagne Boris Epshteyn et l'ex-directeur de la police de New York Bernard Kerik. La commission d'enquête veut déterminer leurs responsabilités, et celle de l'ancien président lui-même, dans l'attaque.

L'hôtel Willard est également cité dans le livre "Peril", des journalistes du Washington Post Bob Woodward et Robert Costa, qui raconte les dernières semaines du mandat de Donald Trump.

Accusations de fraude électorale

Selon eux, l'avocat John Eastman aurait élaboré un argumentaire juridique inédit permettant au vice-président Mike Pence de bloquer la certification par le Congrès des résultats de l'élection présidentielle en arguant de fraude - des accusations martelées par le camp Trump mais qui n'ont jamais été prouvées.

Le 5 janvier, Donald Trump avait annoncé à ses partisans que Mike Pence avait accepté de bloquer le vote. Mais selon les auteurs de "Peril", le vice-président avait refusé cette option lors d'une rencontre le soir même.

"C'est le moment d'attaquer"

Après l'entrevue, l'ancien président a appelé au moins une fois la "cellule de crise" de l'hôtel Willard pour "coordonner cette tentative visant à parler à la place" de son vice-président, a expliqué lundi Robert Costa sur MSNBC.

À qui a-t-il parlé? Que se sont-ils dit? La commission d'enquête parlementaire souhaiterait obtenir les relevés téléphoniques des échanges liés aux événements du 6 janvier, et interroger d'autres personnes présentes dans l'hôtel.

Selon "Peril", Steve Bannon a encouragé en décembre le magnat du à utiliser les prétendues fraudes électorales pour empêcher le vote du 6 janvier. Dans un podcast du 5 janvier, il prédisait la "victoire" de cette stratégie le lendemain. "Tout converge et c'est le moment d'attaquer", affirmait-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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