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Les armées française et malienne éliminent une centaine de jihadistes dans le centre du Mali

·4 min de lecture

Alors que la junte qui dirigeait la transition au Mali a officiellement été dissoute mardi, l'armée malienne a annoncé avoir neutralisé une centaine de jihadistes dans le centre du pays, lors d'une opération conjointe avec la France. Cette annonce intervient à l'approche d'un sommet qui réunira au Tchad, en février, Paris et ses partenaires du Sahel.

Les armées française et malienne ont éliminé une centaine de jihadistes lors d'une opération d'envergure menée conjointement en janvier dans le centre du Mali, a indiqué mardi 26 janvier l'armée malienne.

"Une centaine de terroristes neutralisés, une vingtaine capturés et plusieurs motos et matériels de guerre saisis" durant l'opération "Éclipse", menée du 2 au 20 janvier par l'armée malienne et la force française Barkhane, a indiqué l'armée malienne dans un communiqué.

Paris avait affirmé la semaine dernière qu'une vingtaine de jihadistes avaient été tués mi-janvier par les militaires français et leurs partenaires locaux dans le nord du Burkina Faso, dans la zone dite des "trois frontières" (Burkina, Mali, Niger), lors d'une opération menée en coordination avec "Éclipse".

Au Mali, il s'agissait de "bouter l'ennemi hors de ses zones de refuge" dans le secteur Douentza-Hombori-Boulkessi, une région de forêts clairsemées et de brousses surplombées d'un massif rocheux où sont implantés des éléments du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), une alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda. D'autres groupes, liés pour leur part à l'organisation État islamique, sont également présents dans la région.

Paris combat les jihadistes au Sahel avec 5 100 hommes, déployés depuis 2013 aux côtés des armées du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger). Ces armées revendiquent cependant rarement un bilan humain aussi important lors d'une seule opération face à des groupes qui ne compteraient dans leurs noyaux durs pas plus de quelques milliers d'hommes.

"Fourmilière"

"Avec Éclipse, [les soldats] sont vraiment au cœur de la fourmilière", a souligné mardi une source diplomatique occidentale dans la capitale malienne.

Ces opérations anti-jihadistes n'échappent pas aux polémiques. Le chef d'état-major de l'armée malienne a ordonné mi-janvier une enquête sur les circonstances de la mort de trois jihadistes faits prisonniers pendant leur transfèrement vers un camp militaire.

Et plusieurs ONG réclament une enquête indépendante sur une frappe aérienne française près du village de Bounti. Des villageois et une association peule affirment que cette frappe a tué une vingtaine d'habitants lors d'un mariage le 3 janvier. Les autorités françaises et maliennes martèlent pour leur part que les avions de chasse français ont visé et éliminé des dizaines de jihadistes et qu'il n'y avait ni mariage, ni femmes, ni enfants.

La junte dissoute

Paris "espère vraisemblablement que la polémique se sera estompée à l'approche du sommet de N'Djamena (les 15 et 16 février), où le bilan de l'opération sera sans doute mis en avant", a déclaré mardi à l'AFP une source onusienne.

Ce sommet, un an après celui de Pau, où les dirigeants français et sahéliens avaient décidé d'intensifier leur lutte dans la zone des "trois frontières", doit permettre de faire le point sur l'engagement français. Le président français Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévenu qu'il comptait "ajuster les efforts" français dans la région. Pour alléger son fardeau, Paris mise beaucoup sur la nouvelle force Takuba, un groupement de forces spéciales européennes chargé d'accompagner l'armée malienne au combat.

Les hommes qui dirigent la transition au Mali, mise sur pied après le coup d'État qui a renversé en août le président Ibrahim Boubacar Keïta, pourront par ailleurs se prévaloir lors de ce sommet de la dissolution formelle, annoncée mardi, du Comité national pour le Salut du peuple (CNSP), l'organe formé par les militaires putschistes.

Le gouvernement de transition pourra également se targuer de travailler à la mise en œuvre des accords de paix de 2015, un facteur essentiel d'un retour à la stabilité au Mali. Après avoir intégré d'ex-rebelles au gouvernement, une délégation ministérielle s'est rendue lundi pour la première fois depuis des mois à Kidal, bastion des ex-rebelles indépendantistes touareg dans le nord du pays.

Deux grandes communautés signent des "accords de paix"

Des représentants des communautés peule et dogon du centre du Mali ont par ailleurs signé trois accords pour tenter de ramener la stabilité dans cette région particulièrement éprouvée par les violences intercommunautaires et jihadistes, a annoncé mardi une ONG suisse spécialisée dans les médiations.

Les communautés peule, constituée majoritairement d'éleveurs, et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, de onze des seize communes qui constituent le cercle de Koro ont signé ces "accords de paix" entre le 12 et le 24 janvier, après quatre mois de médiation, a indiqué dans un communiqué le Centre pour le dialogue humanitaire (HD).

Avec AFP