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Une Argentine divisée a rouvert le débat sur l'avortement

Liliana SAMUEL
·4 min de lecture
Une activiste en faveur de l'avortement en Argentine lors d'une manifestation le 18 novembre 2020 à Buenos Aires

L'Argentine a rouvert mardi le débat très polarisé sur la légalisation de l'avortement et pourrait rejoindre le cercle très restreint des pays sud-américains où l'IVG est autorisée.

Pionnière pour la promulgation de lois sur le mariage homosexuel et l'identité de genre en Amérique latine, l'Argentine pourrait, si le texte est adopté par le parlement, rejoindre Cuba, l'Uruguay, le Guyana et la province de Mexico, les seuls à autoriser l'IVG sans conditions dans la région.

C'est la seconde fois que les législateurs argentins sont appelés à s'exprimer sur le droit à l'Interruption volontaire de grossesse. Le président de centre-gauche Alberto Fernandez, élu en octobre 2019, en avait fait une promesse de campagne.

En 2018, sous le mandat de l'ex-président Mauricio Macri (2015-2019), les débats au Parlement avaient déclenché de très nombreuses manifestations pour et contre la légalisation.

Lors d'un vote historique, la chambre des députés avait approuvé la légalisation de l'IVG jusqu'à la 14e semaine mais le Sénat l'avait finalement rejetée quelques semaines plus tard. Trente-huit sénateurs s'étaient opposés au texte, contre 31 pour et deux abstentions.

Selon les positions déjà avancées par nombre de députés élus l'an passé lors de la vague péroniste, le projet de loi devrait une nouvelle fois passer sans encombre la barrière parlementaire lors d'un vote prévu le 10 décembre. Au Sénat, traditionnellement plus conservateur, le vote des indécis sera prédominant.

"Je suis convaincu que cette fois-ci, ça passera. En 2018 nous n'avions pas le soutien de l'exécutif. Nous verrons au Sénat mais je suis très optimiste", a déclaré à l'AFP Nelly Minjersky, l'une des fondatrices de la Campagne pour un avortement légal, sûr et gratuit, une alliance de plus de 300 groupes féministes qui a présenté huit projets de loi en quinze ans.

"Aujourd'hui, une autre histoire commence. Rejoignez-nous avec #AbortoLegalEsVida", a twitté l’organisation.

C'est la neuvième fois qu'un projet de loi sur l'IVG est déposé devant le parlement, mais c'est la première fois que l'initiative provient de l’exécutif.

Nelly Minjersky, avocate de 91 ans, est l'une des 10 orateurs qui s'adresseront aux députés en faveur du "vote vert", tandis que 10 autres défendront le vote "bleu", les couleurs des deux camps qui s'opposent.

- "Etendre les droits" -

Samedi, des milliers de militants "pro-vie" ont défilé à Buenos Aires et dans de nombreuses villes du pays à l'appel des Eglises et organisations civiles catholiques et évangéliques.

"Je sais qu'il y a des grossesses inattendues, je respecte les droits des femmes. Mais je ne reconnais pas l'avortement comme un droit", a déclaré à l'AFP un militant qui a souhaité rester anonyme.

"Le peuple argentin est +pro-vie+. Maintenant, nous allons voir ce que font les législateurs, s'ils répondent au président ou au peuple", a-t-il ajouté.

Les militants anti-IVG tentent par tous les moyens d'influencer députés et sénateurs. "Ils sont venus dans la boulangerie de mes parents avec des banderoles portant ma photo et dénonçant que je sois pro-avortement. Ce débat devient violent et très anti-démocratique", a dénoncé la députée Carolina Gaillard.

"Ceux qui se disent +pro-vie+ sont violents, ils sont contre les droits. Nous, au contraire voulons étendre les droits et ne forçons personne", a estimé Mme Minjersky.

Le projet de loi déposé mi-novembre autorise l'avortement "jusqu'à la 14e semaine de grossesse". Il prévoit une "objection de conscience" pour des professionnels de santé refusant de le pratiquer, mais les oblige à "orienter le patient vers des soins" appropriés.

Parallèlement, un "Plan des mille jours" entend également "renforcer l'accès aux soins pendant la grossesse et lors des premières années de vie d'un enfant" pour les familles en situation de vulnérabilité financière.

"La criminalisation de l'avortement n'a servi à rien. Chaque année quelque 38.000 femmes sont hospitalisées pour complications lors d'avortements clandestins, et depuis le retour de la démocratie (en 1983) plus de 3.000 en sont mortes", avait rappelé le président Fernandez.

Dans ce pays de 45 millions d'habitants majoritairement catholiques et terre natale du pape François, l'avortement n'est légal en qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi en vigueur depuis les années 1920.

ls/ml/lab/avz