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Après le rapport Sauvé, nous avons demandé leur avis à des parents à la sortie du catéchisme

·6 min de lecture
Le rapport Sauvé fait état d'un minimum de 330.000 victimes de pédocriminalité dans l'Eglise catholique entre 1950 et 2020. (Saint-Denis, photo d'illustration). (Photo: Paulo Amorim via Getty Images)
Le rapport Sauvé fait état d'un minimum de 330.000 victimes de pédocriminalité dans l'Eglise catholique entre 1950 et 2020. (Saint-Denis, photo d'illustration). (Photo: Paulo Amorim via Getty Images)

RELIGION - Il est 18h15, dans le 13e arrondissement de la capitale. C’est un mercredi ensoleillé du mois d’octobre. Catherine tient la main de sa fille de 10 ans devant la salle paroissiale. Nous voulons parler avec elle du rapport Sauvé qui a fait l’effet d’une bombe pour l’Eglise catholique. Embarrassée, elle accepte quand même de répondre à nos questions. Comme toutes les semaines, sa fille va au catéchisme, elle y suit des cours de morale et de doctrine chrétienne. “Je continue à faire confiance à l’Église”, nous dit-elle rapidement. Elle est sûre d’elle. Et elle n’est pas la seule.

Nous sommes allés à la rencontre de parents croyants pour savoir si le rapport Sauvé, une enquête qui met des chiffres sur la pédocriminalité dans l’Église, allait changer leur regard sur les activités proposées par l’Église aux enfants. Ce rapport a estimé à 330.000 le nombre de victimes de pédocriminalité dans cette institution. Le rapport Sauvé estime de 2900 à 3200 le nombre de pédocriminels dans l’Église de 1950 à 2020. D’après le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, Jean-Marc Sauvé, ces chiffres sont une “estimation minimale”.

Nous sommes allés devant trois paroisses parisiennes, dans le 13e, le 17e et le 19e arrondissement de Paris. Dans leur grande majorité, les parents auxquels nous avons parlé disent n’avoir pas changé leurs habitudes par rapport aux activités proposées à leurs enfants. Le sujet des violences sexuelles est en revanche bien présent dans leurs esprits.

Je serai plus méfiant. On est obligé. L’Église doit aussi faire preuve de prudence et s’assurer du bien-être des enfants avant toutYoan, papa d’un garçon de 8 ans

Lucrécia a déposé sa fille de 7 ans au catéchisme avant de nous parler. Dans l’éducation qu’elle inculque à sa fille, elle tente de lui faire part des limites qu’elle doit fixer autour de son corps. “Je la sensibilise, souligne-t-elle. Je lui explique que les adultes n’ont pas le droit de faire certaines choses, qu’elle a sa propre intimité. Je lui dis aussi que si elle se sent en danger, il faut qu’elle crie”. Des propos qui rappellent ceux d’Hedwige, mère catholique d’une autre paroisse parisienne qui dispense les mêmes mises en garde à sa fille: “Il faut l’alerter à tous les niveaux de ce qu’il peut arriver avec les adultes, qu’il faut faire attention”, pointe la maman.

″Ça se passe partout”

Faire de la prévention auprès des enfants, c’est bien, mais pour Yoan, père d’un garçon de 8 ans se tenant à l’écart du groupe de parents devant une église du 13e arrondissement, il faut aussi changer de regard. “Je serai plus méfiant. On est obligé. L’Église doit aussi faire preuve de prudence et s’assurer du bien-être des enfants avant tout”, nous dit-il.

Yoan sera le seul à renvoyer l’Église à ses responsabilités. Catherine n’est, elle, pas si définitive. “Je continue de faire confiance à l’Église et à cette paroisse. Au-delà de l’institution, c’est une religion qu’il faut respecter”, se justifie-t-elle Au sujet de la pédocriminalité, elle préfère aussi rester vague avec sa fille à ce sujet.” Ce n’est pas quelque chose dont je lui parle pour l’instant. Ce n’est pas le moment”, dit-elle en la serrant dans ses bras alors que sa fille s’impatiente.

Les différents parents interrogés font tous le même constat et préfèrent donc ne pas cibler trop l’Église: les abus sexuels envers les jeunes enfants sont présents partout. “Ce sont des faits qui choquent. On sait que ça ne devrait pas se passer quel que soit le lieu et encore moins dans l’Église”, explique Hedwige, mère d’un petit garçon de 8 ans.

En allant à leur rencontre, beaucoup de parents esquivent le rapport Sauvé en dénonçant des affaires de pédocriminalité à l’école, au sport, dans les activités extrascolaires ou encore dans la sphère familiale. Même constat du côté de Danielle mère d’une fille de 7 ans, qui explique que le rapport ne l’étonne pas mais qu’il en faudrait d’autres, notamment pour l’école.

La confiance, maître-mot des catholiques

À la sortie d’une autre paroisse dans un quartier aisé du nord-ouest de Paris, Jeanne derrière son grand vélo électrique muni d’un siège pour enfant, estime que ce rapport reflète ce qui se passe dans toutes les institutions qui sont fréquentées par des élèves. Danielle qui travaille dans la justice invite pour sa part à ne pas faire de généralités. “Je préfère considérer qu’il faut prendre les cas individuellement. Je fais confiance aux personnes qui entourent ma famille. Je pense qu’en tant que parents, on le fait tous, et c’est pour cela que nous avons confiance”, insiste la maman.

Autre constat, les parents ont une confiance totale en l’Église. Quand nous leur demandons si leur regard a changé vis-à-vis de l’institution, tous répondent de manière assurée et déterminée: “Non, pas du tout”.

Je sens que mon enfant est en sécurité dans cette paroisse. Il y a plusieurs personnes qui sont présentes à chaque séance. L’équipe n’est pas que masculineEdwige, maman d'un garçon de 8 ans.

D’un revers de la main, certains déclarent que les abus sexuels dans l’Église sont de l’histoire ancienne. “Ça ne se fait plus depuis très longtemps”, déclare Yolanda, mère tout sourire de jumeaux de 7 ans. Celle-ci explique aussi qu’elle a une confiance absolue en sa paroisse et qu’elle laisse ses enfants ici les yeux fermés.

Pour d’autres, leur participation aux activités au sein de la paroisse permet de faire bloc aux tentatives d’agressions sexuelles ou de viols sur mineurs. “Je sens que mon enfant est en sécurité dans cette paroisse. Il y a plusieurs personnes qui sont présentes à chaque séance. L’équipe n’est pas que masculine”, justifie Hedwige, contactée par téléphone au lendemain de notre rencontre hâtive devant la paroisse. Pour elle, il est aussi nécessaire d’avoir une discussion sur ces faits sans toutefois incriminer l’Église catholique seule.

Les fidèles, parents, savent bien que le phénomène existe. Beaucoup saluent les différentes mesures mises en place par les paroisses. Dans l’une d’elles, les catéchèses nous expliquent qu’il y a des hublots à toutes les portes. Dans une autre, un adulte n’a jamais le droit d’être seul avec un enfant. Dans une dernière, les parents ont la possibilité de se joindre à eux et de participer à la séance de catéchisme. Tant de dispositifs qui font que les parents n’ont pas à s’inquiéter de la sécurité de leurs enfants. “Je fais confiance à 100% à la paroisse. Je sais que je peux leur confier ma fille sans m’inquiéter de quoi que ce soit”, conclut Danielle en regardant sa fille jouer.

*: Les prénoms ont été modifiés par soucis d’anonymat.

À voir également sur Le HuffPost: Pédocriminalité: Macron salue “l’esprit de responsabilité” de l’Eglise après le rapport Sauvé

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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