Marchés français ouverture 7 h 43 min
  • Dow Jones

    34 160,78
    -7,31 (-0,02 %)
     
  • Nasdaq

    13 352,78
    -189,34 (-1,40 %)
     
  • Nikkei 225

    26 170,30
    0,00 (0,00 %)
     
  • EUR/USD

    1,1145
    -0,0002 (-0,02 %)
     
  • HANG SENG

    23 807,00
    -482,90 (-1,99 %)
     
  • BTC-EUR

    33 501,41
    +110,30 (+0,33 %)
     
  • CMC Crypto 200

    813,93
    -5,57 (-0,68 %)
     
  • S&P 500

    4 326,51
    -23,42 (-0,54 %)
     

André Comte-Sponville: Le pouvoir du langage en politique

·2 min de lecture

EDITO - Pour André Comte-Sponville, le danger pour un élu n'est pas de parler trop, mais de n'agir pas assez.

En grec ancien, le mot logos désignait à la fois le langage et la raison. C'est ce qui permettait à Aristote de définir l'être humain comme zôon logikon, animal doué de logos. Non qu'il n'y ait, chez telle ou telle espèce animale, une plus ou moins grande intelligence, qu'on peut mesurer, et d'incontestables moyens d'expression ou de communication. Mais parce que seule l'humanité s'est donné un langage capable d'argumenter, de raisonner, de dire le vrai et le faux, donc aussi d'inventer et de mentir. Les romanciers le savent bien. La fiction est le propre de l'homme.

Le même Aristote expliquait par là que nous soyons également des zôa politika, des animaux politiques. Non, là encore, que la vie en société, les rapports de force ou les luttes pour le pouvoir soient le propre exclusif de l'humanité, mais en ceci que seuls les humains, grâce au langage, ont fait de la politique un élément à ce point essentiel de leur socialité. Les militants le savent bien. Faire de la politique, c'est se servir du langage pour prendre ou conserver le pouvoir. A la gloire des tribuns ou des communicants!

Ne leur jetons pas trop vite la pierre. Opposer ceux qui font à ceux qui parlent n'est qu'un raccourci démagogique. Qui peut agir, en politique, sans parler d'abord, sans convaincre, sans persuader? Même les tyrans ont besoin de propagande (voyez Hitler ou Staline). Aucun démocrate ne peut se passer d'arguments, d'objections, d'explications. Le danger, pour un élu, n'est pas de parler trop, mais de n'agir pas assez. Les mots servent à prendre le pouvoir ou à le conserver. Les actes, à l'exercer. Cela met la parole à sa place, qui n'est première que dans le temps: elle n'a de sens qu'au service de l'action, jamais à sa place!

"C'est de la com", dit-on pour désigner des paroles (les tristement fameux "éléments de langage") qui voudraient tenir lieu d'action. Et certes aucune politique ne peut se passer de communication. Mais la "com", c'est autre chose: une parole qui sert moins à entraî[...]

Lire la suite sur challenges.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles