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Un an après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, où en est l'enquête?

·3 min de lecture

Un an jour pour jour après l'assassinat de l'enseignant français, l'enquête se poursuit toujours. Seize personnes ont été mises en examen, la plupart pour complicité d'assassinat terroriste.

Le 16 octobre 2020 en fin d'après-midi, le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty est poignardé puis décapité près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un jeune réfugié tchétchène radicalisé, Abdoullakh Anzorov, tué peu de temps après par la police.

Un mensonge puis l'engrenage

L'enquête a rapidement retracé les étapes de l'engrenage fatal. Il se met en marche lorsqu'une collégienne rapporte à ses parents que Samuel Paty a montré des caricatures du prophète Mahomet lors d'un cours début octobre sur la laïcité. Elle l'accuse d'avoir demandé aux collégiens musulmans de se signaler.

Sur la base du témoignage de sa fille, par ailleurs menacée d'expulsion pour indiscipline, son père Brahim Chnina lance une virulente campagne sur les réseaux sociaux. Soutenu par un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, il porte plainte contre l'enseignant pour diffusion d'image pornographique.

Informé de leur campagne, Abdoullakh Anzorov, 18 ans, se rend le 16 octobre devant le collège. Il y rencontre des élèves qui, contre de l'argent, lui permettent d'identifier le professeur de 47 ans, qu'il tue avant d'être abattu. Dans un message audio en russe, il a revendiqué son geste en se félicitant d'avoir « vengé le prophète » à ses yeux insulté par M. Paty.

Des soutiens matériels aux influenceurs

Au fil de leurs investigations, les policiers ont établi quatre cercles de suspects.

D'abord celui des soutiens matériels d'Abdoullakh Anzorov. Deux de ses connaissances de sa ville d'Evreux, Naïm B. et Azim E., ont été mis en examen pour « complicité d'assassinat » terroriste pour l'avoir accompagné acheter un couteau et des pistolets à billes. Le second l'a en outre conduit d'Evreux jusqu'au collège. « C'est la complicité matérielle la plus évidente », note une partie civile.

Mais Me Hiba Rizkallah, avocate de Naïm B., évoque plutôt le « manque de clairvoyance » de son client : « peut-on lui reprocher de ne pas avoir lu dans l'esprit » du tueur pour déceler son projet ?

Deuxième cercle de suspects - les plus glaçantes de toutes ces mises en examens : cinq collégiens, qui, contre 300 euros, ont indiqué au terroriste qui était Samuel Paty à la sortie du collège.

Autre série de suspects, ceux qui sont soupçonnés d'avoir encouragé Abdoullakh Anzorov dans ses projets d'attaque, même sans en connaître les détails précis.

Un dernier groupe de complicités a concentré l'attention des médias. Parmi ces « influenceurs », Brahim Chnina est poursuivi pour les vidéos où il dénonce Samuel Paty et pour avoir eu des contacts avec le tueur.

À Abdelhakim Sefrioui, les jugent reprochent une autre vidéo diffusée avant le drame. Son camp conteste qu'Abdoullakh Anzorov l'ait vue.

Cicatrice sucrée

Mais il manquait aux enquêteurs un maillon entre les vidéos mentionnant Samuel Paty et le terroriste. Cette pièce manquante a finalement été découverte.

Son surnom sur les réseaux sociaux : « cicatrice sucrée ». Une femme de 33 ans, Priscilla M., vivant à Nîmes, convertie à l'islam, arrêtée fin juin. Elle avait posté sur les réseaux ces vidéos attirant ainsi l'attention du terroriste sur le professeur. Et selon la radio RTL de ce 15 octobre, entre avril 2020 et juin 2021, elle a contacté à « 1166 reprises » la mère de l'un des terroristes du 13 novembre 2015 au Bataclan...

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