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Guerre des mots pour la première confrontation entre l'équipe Biden et la Chine

Frederic J. BROWN avec Francesco FONTEMAGGI à Washington
·4 min de lecture

Les Etats-Unis et la Chine ont étalé jeudi en Alaska, lors du premier face-à-face de l'ère Biden, leurs désaccords irréconciliables de manière fort peu diplomatique, mettant en scène une confrontation sans merci entre les deux premières puissances mondiales.

"Nous allons discuter de nos profondes inquiétudes au sujet des actes de la Chine s'agissant du Xinjiang", où Washington accuse Pékin de "génocide" contre les musulmans ouïghours, "de Hong Kong, de Taïwan, des cyberattaques contre les Etats-Unis et de la coercition économique contre nos alliés", a d'emblée énoncé le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken face à ses interlocuteurs.

"Chacun de ces actes menace l'ordre fondé sur des règles qui garantit la stabilité mondiale", a-t-il accusé.

La réponse chinoise a été tout aussi cinglante.

"La Chine est fermement opposée aux ingérences américaines dans les affaires intérieures de la Chine", "et nous prendrons des mesures fermes en représailles", a prévenu le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a dénoncé les dernières sanctions américaines, annoncées à la veille de cette réunion contre la reprise en main de Hong Kong par Pékin. "Ce n'est pas comme cela que l'on accueille ses invités", a-t-il protesté.

- "Mentalité de Guerre froide" -

La ville d'Anchorage avec ses températures polaires, tournée vers le Pacifique, a été choisie comme un terrain plus neutre que Washington ou Pékin pour ce séminaire sur deux jours.

Mais les attentes étaient limitées et le ton a confirmé la profondeur du fossé qui sépare les deux pays rivaux, pas très lointain du climat de nouvelle Guerre froide qui régnait à la fin de la présidence de Donald Trump.

Le nouveau président américain Joe Biden a repris à son compte la fermeté de son prédécesseur.

Mais l'équipe Biden, qui reprochait à l'administration Trump son isolement sur la scène mondiale et une diplomatie à la fois véhémente et brouillonne, assure vouloir être plus méthodique pour "coopérer" face aux défis communs comme le réchauffement climatique. Et surtout pour remporter la compétition stratégique avec la Chine, érigée en "plus grand défi géopolitique du XXIe siècle".

Le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Jake Sullivan a ainsi assuré que les Etats-Unis ne voulaient pas d'un "conflit" avec la Chine mais étaient "ouverts à une compétition rude".

Yang Jiechi a lui appelé à "abandonner la mentalité de Guerre froide".

Mais, visiblement piqué au vif par les accusations américaines, il a largement débordé des deux minutes imparties pour se lancer dans un long réquisitoire contre les Etats-Unis, accusés de vouloir "imposer leur propre démocratie dans le reste du monde".

Sortant du protocole pourtant millimétré pour tenter d'avoir le dernier mot, Antony Blinken a repris la parole pour réitérer avoir entendu, à travers le monde, "de profondes inquiétudes" au sujet de l'attitude chinoise.

- "Litanie de désaccords" -

Et alors que les journalistes étaient invités à quitter la salle, les dirigeants chinois ont eux aussi réclamé qu'ils restent encore un peu pour déplorer devant eux le "ton condescendant" des Américains.

Voilà comment les diplomates des deux superpuissances se sont détournés, devant les caméras du monde entier, des discours d'ordinaire convenus de ce genre de réunions.

Un haut responsable américain estimé que les Chinois avaient fait preuve de "démagogie" et "privilégié la mise en scène théâtrale aux débats de fond".

Mais à huis clos, les délégations ont ensuite eu une longue conversation "substantielle, sérieuse et directe", a-t-on assuré plus tard côté américain. La deuxième session a débuté dans la soirée, avant une troisième prévue vendredi matin.

Pour Bonnie Glaser, du cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies, les deux camps vont maintenant "rechercher d'éventuels terrains d'entente" et "regarder s'ils peuvent gérer, voire réduire, leurs divergences".

Pas davantage: "un +reset+ des relations n'est pas à l'ordre du jour", dit-elle à l'AFP au sujet d'une éventuelle "réinitialisation" pour sortir de la plus grave crise entre la Chine communiste et les Etats-Unis depuis leur reconnaissance mutuelle des années 1970.

L'administration Biden dit s'appuyer sur les alliances délaissées par Donald Trump. Le rendez-vous d'Anchorage intervient au retour d'une visite d'Antony Blinken au Japon et en Corée du Sud, deux alliés-clés où il a mis en garde le géant asiatique contre toute tentative de "coercition" et de "déstabilisation" de la région.

Les Américains avaient d'ailleurs énuméré les sujets qui fâchent, parmi lesquels les droits humains, la "militarisation" de la mer de Chine méridionale, le "vol de propriété intellectuelle", l'origine du Covid-19... "Une longue litanie de désaccords", selon l'expression de la diplomatie américaine.

Or "il est improbable que la Chine change d'attitude sur ne serait-ce qu'un seul des sujets qui comptent pour les Etats-Unis", affirme Elizabeth Economy, chercheuse à la Hoover Institution de l'université californienne de Stanford. "Nous sommes dans une situation où les valeurs et la vision du monde à venir sont aux antipodes."

fff/ob