Alcatel-Lucent: se recentre de plus en plus sur le marché US

COURS LIÉS

SymboleCoursVariation
ALU.PA2,660,05
004060.KS653,00+6,00
GLE.PA42,650,62
EXPR15,060,04
GS157,22+2,30

(CercleFinance.com) - Dans une interview donnée à L'Express (NYSE: EXPR - actualité) , la ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, a estimé que le scénario d'un rapprochement d'Alcatel (Paris: FR0000130007 - actualité) -Lucent avec Nokia Siemens Networks (NSN), s'il s'agit ?d'une décision de l'entreprise?, ?mérite d'être étudié?. ?L'Etat sera, en tout état de cause, très attentif à ces évolutions compte tenu des enjeux industriels?, a-t-elle ajouté.

La ministre avait auparavant rappelé que l'Etat détient, via le Fonds stratégique d'investissement (FSI), un peu moins de 5% du capital de l'équipementier télécoms.

'La ministre reconnaît donc par cette déclaration que les temps sont durs pour Alcatel-Lucent (ce qui ne surprendra personne), qui se recentre de plus en plus sur le marché américaine, commentent ce matin les analystes d'Aurel BGC à ce sujet.

Par ailleurs, le Echos indiquent ce matin qu'Alcatel-Lucent 'serait en train de faire basculer ses centres de décisions vers les Etats-Unis', des cadres du groupe quittant Paris pour s'installer outre-Atlantique.

En cause, écrit le quotidien des affaires : le 'dynamisme du marché américain. Alcatel-Lucent va là ou sont ses clients. Et aujourd'hui, ses clients, ils sont plus en Amérique qu'en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) ', les Etats-Unis représentant 40% du CA et la France 5% seulement.
Selon un article de Bloomberg repris par Aurel BGC, Alcatel-Lucent serait également en discussions avec Goldman Sachs (NYSE: GS - actualité) afin d'obtenir un financement de la banque américaine, destiné à renforcer le bilan de l'équipementier télécoms franco-américain.

'En échange d'actifs apportés par Alcatel-Lucent en guise de collatéral, Goldman Sachs apporterait des fonds mais aucun montant n'est avancé', précise l'analyste.

'Bloomberg rappelle aussi qu'Alcatel-Lucent cherche à vendre des actifs (division entreprise et les câbles optiques sous-marins) mais les négociations n'en seraient qu'à un stade très préliminaire', ajoute-t-il.

Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) estime que l'objectif premier de l'opération Goldman Sachs serait le remboursement d'une émission obligataire convertible de Lucent devant arriver à échéance en 2025.

D'après ses calculs, Alcatel-Lucent devrait émettre un peu plus de 700 millions d'actions, soit 31% du capital social existant, si ces obligations convertibles devaient être remboursées au cours de jeudi dernier.

'L'annonce de ces discussions constitue donc une bonne nouvelle pour les actionnaires, car ils évitent une forte dilution', note l'intermédiaire.

Société Générale juge qu'il s'agit en revanche d'une mauvaise nouvelle pour les porteurs d'obligations existants, car les prêts de Goldman Sachs seraient prioritaires sur certains des leurs.

'Cette transaction permettrait à Alcatel-Lucent de gagner du temps, mais cela ne change rien au fait que le groupe présente une taille limitée sur la plupart des marchés', conclut-il.

SG (KSE: 004060.KS - actualité) estime que le seul impact immédiat de l'opération sur ses estimations serait une révision à la hausse des intérêts payables sur les 581 millions d'euros d'obligations convertibles, de l'ordre de 10% par an.

Dans sa note de recherche, Sanford C. Bernstein rappelle que le groupe franco-américain a publié des performances inférieures aux attentes 'à tous les niveaux'.

'Nous pensons que le groupe se trouve aujourd'hui à l'orée de la pire trajectoire possible que nous évoquions en début d'année, à savoir une perte de dynamique en termes de parts de marché combinée à un repli structurel de la marge brute et à l'absence de véritables mesures de restructuration', s'inquiète l'analyste.

Bernstein redoute que, d'un point de vue opérationnel, les performances d'Alcatel-Lucent soient encore amenées à se détériorer à l'avenir, sur la foi d'une consommation de cash qui pourrait atteindre un milliard par an lors des trois prochain exercices.

Il craint en particulier que l'équipe de direction, au lieu d'engager de profondes mesures de restructuration dans les 12 mois à venir, préfère repousser l'échéance d'un défaut potentiel en cédant des actifs.

Ce scénario laisserait aux actionnaires une moindre portion de fonds propres que la valorisation actuelle de l'entreprise, conclut-il.

Copyright (c) 2012 CercleFinance.com. Tous droits réservés.
Les informations et analyses diffusées par Cercle Finance ne constituent qu'une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de Cercle Finance ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l'utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.