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Des agriculteurs aux distributeurs, le secteur du bio subit une crise sans précédent

P. Sittler/Réa

Après dix ans de croissance, poussée par les politiques publiques et la promesse de revenus meilleurs, le secteur stagne, voire recule. Sacrifié sur l'autel du pouvoir d'achat… et des labels concurrents.

Mada Dao, la responsable de la conserverie des Potagers de Marcoussis, n'y va pas par quatre chemins: "Qui est le big boss d'Auchan ici? Vous? Alors passez-nous des commandes, sinon ça va être compliqué!" Venu visiter ce projet solidaire de maraîchage biologique en ce matin d'octobre, le directeur général d'Auchan France Philippe Brochard sourit, fait des promesses, mais il est gêné: les ventes de cette ferme francilienne aux grands distributeurs comme son groupe ont baissé de 15 à 20% depuis le début de l'année. A l'aune des magasins bio, dont le chiffre d'affaires recule sur un an, selon les experts de Biotopia. Et ce, après une décennie de croissance.

Nouveaux labels

Derrière l'inversion des courbes se cache le spectre de l'inflation. La promesse de l'agriculture bio - ne pas utiliser de produits chimiques de synthèse - a un coût. Et les articles bio, en moyenne 30% plus chers, selon l'institut Nielsen, sont sacrifiés sur l'autel du pouvoir d'achat. Pauline Peyron, consultante pour Nielsen, complète: "Le bio a pu manquer de crédibilité en vendant des produits très emballés ou issus du bout du monde."

Portée par son succès, la filière s'est un peu "endormie sur ses lauriers", reconnaît Claire Dimier-Vallet, déléguée générale adjointe du syndicat de transformateurs Synabio. La sensibilité des consommateurs sur le rapport qualité-prix est de plus en plus aiguë, ajoute Nathan Stern, directeur d’Altavia Shoppermind, qui juge que l’image-prix du bio est écornée. Des distributeurs me disent de dissimuler qu’une pomme est bio, pour qu’elle parte dans l’après-midi. S'ajoute la concurrence de nouveaux labels: haute valeur environnementale, absence de pesticides, de nitrites… "C'est une troisième voie entre classique et biologique, analyse Gil Kressmann, économiste à l'Académie d'agriculture. Le produit est moins cher qu'en bio, et sa promesse claire". Même le succès des circuits courts fait de l'ombre au bio. "On en pâtit", soupire Philippe Camburet, le président de la Féd[...]

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