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"Agent orange": 14 groupes agrochimiques, dont Bayer-Monsanto, assignés en justice

Un panneau signalant une "zone contaminée par la dioxine" au lac Ho Sen près de l'aéroport de Danang, ancienne base aérienne américaine, le 9 août 2012 au Vietnam (HOANG DINH NAM)
Un panneau signalant une "zone contaminée par la dioxine" au lac Ho Sen près de l'aéroport de Danang, ancienne base aérienne américaine, le 9 août 2012 au Vietnam (HOANG DINH NAM)

Les 14 groupes agrochimiques, dont le géant Bayer-Monsanto, assignés en appel à Paris par une Franco-Vietnamienne pour avoir fourni aux Etats-Unis l'"agent orange", défoliant utilisé durant la guerre du Vietnam, seront fixés sur leur sort le 22 août.

Mme Tran To Nga, 82 ans, "souffre de tuberculoses à répétition, d’un cancer et d'un diabète de type II", dénonce l'association Vietnam Dioxine, louant un procès qui représente "l'unique espoir pour les plus de trois millions de victimes de l’agent orange", déversé sur le Vietnam par les avions américains durant la guerre, achevée en 1975.

En 2021, Mme Nga avait été déboutée par le tribunal d'Evry, qui s’était déclaré incompétent pour traiter sa plainte contre les géants agrochimiques, dont Bayer-Monsanto, Dow Chemical et Hercules, estimant que les sociétés avaient "agi sur ordre et pour le compte de l'Etat américain" et qu’elles pouvaient, de ce fait, se prévaloir de "l’immunité de juridiction".

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Pour les entreprises qui répondaient aux commandes de l'Etat américain, "la marge de manoeuvre était inexistante et le contrat était un carcan", a plaidé mardi Me Jean-Daniel Bretzner, avocat de Bayer-Monsanto.

"La thèse de l'inféodation des sociétés à l'armée est une fable", a au contraire argué Me Bertrand Répolt, conseil de Mme Nga.

Son autre avocat, Me William Bourdon, s'est dit "confiant" après l'audience.

La décision sera rendue le 22 août.

- "Liquide gluant" –

D'après le collectif, le défoliant utilisé massivement par l’armée américaine entre 1961 et 1971, aurait entraîné des conséquences à long terme sur la vie de Mme Nga, exposée à la substance chimique quand elle avait 24 ans et dont elle a tiré un livre, "Ma terre empoisonnée", publié en 2016.

Née en 1942 en Indochine française, elle avait été exposée à l'"agent orange" - qui tient son nom de la couleur du bandeau peint sur les barils contenant ce défoliant - déversé par l'armée américaine.

"L'avion est passé avec un nuage blanc derrière lui. Ça tombe très rapidement, et c'est comme ça que je me suis retrouvée enveloppée d'un liquide gluant, et tout de suite, j'ai commencé à tousser, à m'étouffer", a-t-elle récemment relaté lors d'une conférence de presse.

Sa fille, née en 1969, est décédée d’une malformation cardiaque au bout de "17 mois", précise le collectif, ajoutant que ses deux autres filles et ses petits-enfants seraient atteints de "pathologies graves".

En 2005, un recours de l’association vietnamienne des victimes aux Etats-Unis contre onze fabricants d’herbicide, dont Dow Chemical et Monsanto, pour crime contre l’humanité et crime de guerre, avait été débouté au motif que l’agent orange était un herbicide et non une arme chimique.

Une décision que dénonce le collectif, notamment à cause du fort taux de dioxine contenu dans les "80 millions" de litres de produit déversés sur les forêts vietnamiennes à l’origine, selon lui, des soucis de santé de "2,1 à 4,1 millions" de personnes.

fv-js/mat/dch