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Affaire Quatennens : la semaine où les Insoumis se sont pris les pieds dans le tapis

Photo
BERTRAND GUAY / AFP

BERTRAND GUAY / AFP

Manuel Bompard et Adrien Quatennens photographiés devant le siège de la France insoumise le 3 mai 2022 (illutration)

POLITIQUE - Dimanche 18 septembre, 11 heures du matin. Adrien Quatennens, visé par une main courante déposée par son épouse dans le cadre d’un divorce, publie sur Twitter un communiqué dans lequel il admet des violences conjugales.

Dans ce même texte, le député du Nord annonce se mettre en retrait de son poste de coordinateur national de la France insoumise. Place qui lui valait la réputation de dauphin de Jean-Luc Mélenchon et qui montrait le rôle prépondérant qu’il a acquis au fil des années.

Voilà qui explique sans doute la rapidité avec laquelle le leader insoumis réagit. Sauf que son tweet marque le coup d’envoi d’une semaine cauchemardesque émaillée d’erreurs de communication, provoquées par de tenaces réflexes partisans. « La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d’Adrien et Céline Quatennens. Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection », réagit le chef de file de LFI. Quarante-trois mots. Aucun pour la victime présumée.

Un tollé et un malaise persistant

L’ex-candidat à l’élection présidentielle ne condamne pas la violence reconnue dans le communiqué de son poulain. Et donne l’impression de déplorer davantage la publicité des faits, que leur commission. Sans surprise, c’est un tollé.

Les adversaires de la France insoumise ont le champ libre pour souligner le hiatus existant entre les positions féministes exprimées par le parti, et la réponse de l’ancien candidat à la présidentielle. Face à l’avalanche de critiques, il tente quelques heures plus tard de corriger le tir. Sans succès.

En parallèle, la France insoumise publie un communiqué bien plus adapté, donnant ainsi l’impression que deux attitudes coexistent, voire s’affrontent, au sein du parti. Au sein de la NUPES en tout cas, les propos de Jean-Luc Mélenchon irritent. Dès le lendemain, les responsables du mouvement sont systématiquement interrogés sur la sortie de route de leur leader. C’est alors que certains, à l’image de l’eurodéputée Manon Aubry, prennent leur distance avec la réaction de leur chef. Deux députées accompagnent cette prise de distance.

Le malaise grandit au sein des troupes, tiraillées entre la nécessité de se montrer intransigeant vis-à-vis des violences faites aux femmes, et la volonté de ne pas désavouer celui qui occupe une place centrale, fondatrice, quasi paternelle, dans le parti.

Mardi 20 septembre, l’embarras est quasi physique. En conférence de presse, les députés insoumis ne peuvent échapper à la question qui fâche. Les regards sont fuyants et la confusion palpable. La séquence montre surtout que ce sont les femmes — Mathilde Panot, Danièle Obono et Clémentine Autain — qui sont chargées d’affronter les journalistes sur le sujet. Terrible symbole.

Dans le même temps, la Première ministre se dit « extrêmement choquée » par la réaction de Jean-Luc Mélenchon, et une cohorte de militantes féministes issues de la gauche réclament la démission d’Adrien Quatennens. La pression monte d’un encore cran, mais les Insoumis continuent de faire bloc, en s’opposant à ce que le député du Nord quitte son mandat.

« C’est une construction médiatique »

Face à une avalanche de critiques, Danièle Obono prend, jeudi, l’initiative d’une mise au point sur les réseaux sociaux. La députée de Paris rappelle qu’« une gifle est une violence » et que le programme de son parti vise « à toutes les éradiquer ». Le signe d’une fronde anti-Mélenchon ? Pas du tout. Alors que certains observateurs voient dans ce message une remise en cause de la réaction du leader, l’insoumise assure qu’il n’en est rien. Faire bloc, coûte que coûte.

Et même quand Jean-Luc Mélenchon « assume » son premier tweet, en se payant le luxe de tapoter la joue du journaliste qui lui posait la question. Certains, à l’image du député de l’Essonne Antoine Léaument, vont jusqu’à proposer une lecture un brin complotiste de la séquence, qui serait le fait de la « sphère médiatique » qui agiterait « la ficelle ’le méchant Mélenchon’ juste avant d’attaquer la bataille sur l’assurance chômage et la retraite ».

Une forme de déni partagé en interne. « Cette histoire est dernière nous, c’est une construction médiatique. On ne me parle pas du tout de ça sur le terrain », expliquait au HuffPost le député insoumis Manuel Bompard jeudi soir. L’élu marseillais affirmait même qu’il se sentait « de bonne humeur » malgré les tirs croisés essuyés par sa famille politique. « Personne dans le groupe n’a exprimé la volonté qu’Adrien Quatennens démissionne », affirmait-il.

Nous étions quelques heures à peine avant que le même se retrouve ce vendredi à relativiser sur le plateau de CNews la gifle évoquée par Adrien Quatennens qui « n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours ». Une sortie qui, sans surprise, a elle aussi provoqué un tollé, la ministre en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, dénonçant avec force « des propos abjects ».

À l’image de son mentor, Manuel Bompard a tenu à rectifier le tir dans un second temps, en affirmant qu’il tenait au principe juridique de proportionnalité de la peine, comme si c’était la question posée par l’affaire Quatennens. Ce qui donne, encore, l’impression de passer à côté du sujet, au profit d’une solidarité partisane de plus en plus inaudible.

Une incapacité à apaiser les choses et à se saisir de cette question sans provoquer de scandale que déplore l’écoféministe Sandrine Rousseau. Auprès du HuffPost, la députée parisienne membre de la NUPES soupire: « Ils ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. La colère est immense ».

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