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Affaire Karachi: prison avec sursis et amendes requises contre Balladur et Léotard

·2 min de lecture

L'accusation a requis mardi une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis et de 50.000 euros d'amende contre l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, jugé à Paris pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, l'un des volets de la tentaculaire affaire Karachi.

L'accusation a requis mardi une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis et de jugé à Paris pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, l'un des volets de la tentaculaire affaire Karachi.

A l'encontre de son ancien ministre de la Défense François Léotard, le ministère public a demandé deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende, estimant qu'il était "beaucoup plus impliqué" que M. Balladur dans la gestion des rétrocommissions illégales en marge de contrats d'armement.

Au terme d'un réquisitoire à deux voix de plus de deux heures prononcé en l'absence des prévenus, le procureur général François Molins a estimé que l'ancien locataire de Matignon (1993-95) avait "nécessairement connaissance de l'origine délictueuse des fonds" qui ont alimenté en partie son compte de campagne.

"Rien ne m'aura été épargné"

Dans cette affaire vieille de plus de vingt-cinq ans, Edouard Balladur, aujourd'hui âgé de 91 ans, est accusé d'avoir imposé avec François Léotard un réseau d'intermédiaires "inutiles" et aux commissions "exorbitantes" sur d'importants contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan. Selon l'accusation, une partie de l'argent était reversé sous la forme de rétrocommissions illégales sur le compte de campagne du candidat, dans une élection marquée par la guerre fratricide à droite avec Jacques Chirac.

L'ex-Premier ministre, qui comparaît pour "complicité d'abus de biens sociaux" et recel de ce délit, a longuement clamé son innocence face à ses juges, trois magistrats professionnels et douze parlementaires, dénonçant des accusations "mensongères" fondées sur des "rumeurs". "Rien ne m'aura été épargné" dans cette "affaire hors du commun", avait déploré M. Balladur à la barre.

Les soupçons de financement occulte de la campagne Balladur n'ont émergé que des années plus tard, au cours de l'enquête sur l'attentat commis en 2002 à Karachi, au Pakistan, dans lequel onze employés français de la Direction des construct[...]

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