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Affaire Grégory: qu'est-ce que le "portrait-robot génétique" ordonné par la justice?

Justine Chevalier
·3 min de lecture
Photo non datée du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé le 16 octobre 1984 - AFP
Photo non datée du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé le 16 octobre 1984 - AFP

Les Villemin placent désormais tous leurs espoirs dans la science pour découvrir qui est le meurtrier de leur fils Grégory, retrouvé mort pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne le 16 octobre 1984. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a ordonné que de nouvelles expertises, à la demande de Jean-Marie et Christine Villemin, soient menées pour tenter de résoudre cette mystérieuse affaire.

Parmi les demandes formulées et acceptées par la justice, les parents de Grégory Villemin ont obtenu qu'un "portrait-robot génétique" soit réalisé à partir des ADN présents dans le dossier, notamment sur les lettres envoyées par le corbeau, sur une seringue d'insuline, qui aurait pu servir à endormir l'enfant, et sur les vêtements du petit garçon. Cette technique, la seule au monde à avoir reçu une accréditation car répondant à une norme de qualité, permet de déterminer la couleur des cheveux, des yeux et de la peau du propriétaire de l'ADN, c'est-à-dire les caractères morphologiques apparents.

"La recherche aboutit à identifier un certain nombre de mutations qui sont en rapport avec les caractères morphologiques apparents", détaille le professeur Christian Doutremepuich, dont le laboratoire d'Hématologie Médico-Légale* à Bordeaux est à l'origine du développement de cette technique.

Orienter les enquêtes

Pour établir ce "portrait-robot génétique", les chercheurs ont besoin d'un taux d'ADN minimum, recueilli dans les liquides biologiques, comme le sang, le sperme et la salive, mais aussi dans des cellules de peau. Cet ADN doit être pur, c'est-à-dire qu'il n'a pas été mélangé avec l'ADN d'un autre individu. "Son analyse nous permet d'identifier la couleur des cheveux, des yeux et de la peau d'une personne, elle permet donc de faire une identification minimum de la personne", poursuit le professeur Doutremepuich. Et ainsi permettre de faire un premier tri dans les suspects potentiels.

Cette technique a été éprouvée dans plusieurs affaires criminelles, depuis 2014, et la décision de la cour de Cassation d'autoriser le recours au portrait-robot génétique dans les enquêtes. Ainsi en 2016, Kamel Abbas, un chauffeur de bus, a pu être condamné pour une série de viols commis à Lyon entre 2012 et 2013. Il avait été confondu par ses caractéristiques morphologiques obtenues grâce à l'analyse de son ADN. Depuis, le laboratoire bordelais réalise régulièrement des portraits-robots génétiques toujours à la demande de la justice.

"Cette technique a permis d'orienter des enquêtes", assure le professeur Doutremepuich, qui estime que l'étape suivante du travail fourni par le laboratoire sera de déterminer l'âge et la forme du visage à partir de l'ADN.

Le portrait-robot génétique arrive en complément des analyses ADN quand celles-ci n'établissent pas de correspondance avec le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Dans l'affaire Grégory, à l'heure actuelle, aucun ADN présent dans le dossier n'a "matché" avec ceux dans le fichier. La justice a également ordonné que des recherches d'ADN "de parentèle" soient effectuées, c'est-à-dire en comparant des empreintes génétiques avec d'autres suspectibles d'appartenir à un membre de la même famille.

* L’ADN et les recherches en parenté, écrit par les experts du laboratoire d'Hématologie Médico-Légale de Bordeaux. Edition Mollat/LHMLB

Article original publié sur BFMTV.com