Publicité
La bourse est fermée
  • CAC 40

    8 094,97
    -7,36 (-0,09 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    5 035,41
    -2,19 (-0,04 %)
     
  • Dow Jones

    39 069,59
    +4,29 (+0,01 %)
     
  • EUR/USD

    1,0850
    +0,0032 (+0,29 %)
     
  • Gold future

    2 335,20
    -2,00 (-0,09 %)
     
  • Bitcoin EUR

    63 335,90
    -441,11 (-0,69 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 480,16
    +12,06 (+0,82 %)
     
  • Pétrole WTI

    77,80
    +0,93 (+1,21 %)
     
  • DAX

    18 693,37
    +2,07 (+0,01 %)
     
  • FTSE 100

    8 317,59
    -21,64 (-0,26 %)
     
  • Nasdaq

    16 920,79
    +184,79 (+1,10 %)
     
  • S&P 500

    5 304,72
    +36,88 (+0,70 %)
     
  • Nikkei 225

    38 646,11
    -457,09 (-1,17 %)
     
  • HANG SENG

    18 608,94
    -259,76 (-1,38 %)
     
  • GBP/USD

    1,2739
    +0,0041 (+0,32 %)
     

Affaire du financement libyen : qui sont les 12 coaccusés de Nicolas Sarkozy ?

L’ancien président comparaîtra début 2025 pour corruption passive et association de malfaiteurs, entre autres, aux côtés de douze autres personnes.

Nicolas Sarkozy, ici quittant le palais de justice après le jugement de son procès en appel dans une affaire de corruption au palais de justice de Paris, le 17 mai 2023.
Nicolas Sarkozy, ici quittant le palais de justice après le jugement de son procès en appel dans une affaire de corruption au palais de justice de Paris, le 17 mai 2023.

JUSTICE - Un ancien chef de l’État qui proclame son innocence, un intermédiaire sulfureux, des témoins-clés en mauvaise santé ou mort...

Deux magistrates financières ont signé jeudi le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de Nicolas Sarkozy, et de douze autres personnes, pour les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle 2007 que l’ex-chef de l’État nie en bloc, a indiqué ce vendredi 25 août le procureur national financier Jean-François Bohnert.

Déjà jugé dans le dossier dit des écoutes et dans l’affaire Bygmalion, l’ancien président de la République devrait comparaître pendant quatre mois début 2025 pour corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens, aux côtés de douze autres personnes.

PUBLICITÉ

Ci-dessous, voici la situation de 11 des 13 accusés dans ce procès qui sera très médiatique dans un an et demi.

Les intermédiaires officieux

- Ziad Takieddine : versatile et sulfureux, l’intermédiaire franco-libanais est depuis 2012 l’accusateur principal, aux versions évolutives. Il affirme avoir remis entre fin 2006 et début 2007 cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant.

Son réseau de corruption supposé aurait principalement reposé, côté libyen, sur Abdallah Senoussi, le beau-frère de Mouammar Kadhafi. Ziad Takieddine a temporairement retiré son témoignage fin 2020, ce qui fait l’objet d’une enquête distincte. En fuite au Liban, il ne devrait pas comparaître au procès prévu début 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris.

- Alexandre Djouhri : l’homme d’affaires franco-algérien, anciennement chiraquien, est suspecté d’être au cœur de l’autre réseau de corruption allégué dans ce dossier, via l’argentier du régime libyen, Bachir Saleh, et son fonds souverain le Libyan African Portfolio (LAP).

Ce réseau aurait notamment acquis, après la présidentielle, une villa à Mougins (Alpes-Maritimes) à un prix surévalué afin de dissimuler d’éventuels versements occultes. Après avoir refusé de répondre aux convocations des juges, « Monsieur Alexandre » a fini par être extradé en France en 2020.

La Sarkozie

- Nicolas Sarkozy : contestant depuis le début avec vigueur l’ensemble des accusations, l’ancien président de la République sera jugé pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale, association de malfaiteurs et recel de détournement de fonds publics libyens.

Il lui est reproché d’avoir « noué » avec le dictateur Mouammar Kadhafi « un pacte de corruption » pour le financement de sa campagne présidentielle en 2007 et d’avoir laissé agir en « parfaite connaissance de cause » ses proches pour « obtenir des soutiens financiers des autorités libyennes ».

- Claude Guéant : l’ex-secrétaire général de l’Élysée est soupçonné d’avoir été un intermédiaire pour obtenir des Libyens des fonds pour la campagne, via les réseaux de Ziad Takieddine et d’Alexandre Djouhri.

Un virement de 500 000 euros, reçu en 2008 interroge : est-il le fruit de la vente de tableaux, comme Claude Guéant l’affirme, de l’argent à son profit ou une contrepartie à un « pacte de corruption » en faveur de Nicolas Sarkozy ?

- Brice Hortefeux : l’ex-ministre de l’Intérieur est soupçonné d’avoir agi comme intermédiaire, à travers le réseau de Ziad Takieddine et grâce à deux rencontres en Libye, au prétexte de coopération territoriale, avec Abdallah Senoussi avant la présidentielle. Élément compromettant le concernant, un relevé d’identité bancaire, qu’il est suspecté d’avoir fourni.

- Éric Woerth : le trésorier de la campagne de 2007 a justifié la circulation d’argent liquide au sein de l’équipe de Nicolas Sarkozy par des dons anonymes reçus par courrier, une hypothèse contredite par d’autres témoignages.

- Thierry Gaubert : condamné comme Ziad Takieddine dans l’affaire Karachi en 2020, cet ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir personnellement touché du régime libyen 440 000 euros, qui auraient pu alimenter la campagne Sarkozy grâce à des retraits en liquide en 2006 et 2007.

Les témoins-clés et les morts libyens

- Mouammar Kadhafi : les enquêteurs se demandent si une éventuelle aide à la campagne Sarkozy n’avait pas été accordée par le Guide libyen (au pouvoir de 1969 à 2011) en échange d’une sortie de son isolement diplomatique de longue date. Mais avec la révolution libyenne de 2011, le dictateur retourne au ban de la communauté internationale. En mars 2011, peu avant sa mort, il indique avoir « fourni les fonds qui ont permis de gagner » à Nicolas Sarkozy.

- Abdallah Senoussi : l’ancien chef des renseignements militaires et beau-frère de Mouammar Kadhafi avait affirmé en 2012 avoir « personnellement supervisé » des transferts de fonds destinés à la campagne.

Selon les enquêteurs, une des contreparties au financement aurait été l’abandon des poursuites visant celui qui a été condamné par contumace en France pour l’attentat du DC-10 d’UTA de 1989, qui a fait 170 morts dont 54 Français.

- Bachir Saleh : l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi a été exfiltré de Libye en France après la fin de régime de 2011, puis vers l’étranger après la publication par Mediapart de la note de 2012 sur le financement ainsi que le lancement d’une notice rouge par Interpol.

Objet depuis 2018 d’un mandat d’arrêt international émis par la France, Bachir Saleh a pour la première fois indiqué en audition en 2019 avoir « entendu que Nicolas Sarkozy a demandé à Mouammar Kadhafi de l’aider dans sa campagne ».

- Choukri Ghanem : ex-ministre du Pétrole de la Libye, il a été retrouvé noyé dans le Danube en 2012. Dans des carnets, il mentionnait trois paiements en avril 2007 destinés à Nicolas Sarkozy, pour au moins 6,5 millions d’euros.

VIDÉO - Jean-Philippe Tanguy (RN) estime que Nicolas Sarkozy "a ruiné la France"