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Accord post-Brexit: Londres et Bruxelles dans la dernière ligne droite

Clément ZAMPA
·3 min de lecture

Les négociateurs britanniques et européens poursuivent lundi leur course contre la montre pour conclure un accord sur leur future relation commerciale, un objectif jugé atteignable malgré une confiance ébranlée par le revirement de Londres sur le traité du Brexit.

La semaine débute à la mi-journée par une rencontre à Bruxelles entre le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, et le ministre d'Etat britannique, Michael Gove.

Au coeur de leurs échanges, le très controversé projet de loi en cours d'examen au Parlement britannique, qui remet en cause certains engagements pris par le Royaume-Uni dans l'accord encadrant son départ de l'UE le 31 janvier dernier.

Furieux de ce revirement, qui enfreindrait de l'aveu même du gouvernement britannique le droit international, les Européens ont donné à Londres jusqu'à la fin du mois pour retirer leur projet, sous peine d'un recours en justice.

Le texte revient sur certaines dispositions douanières et relatives aux aides publiques pour la province britannique d'Irlande du Nord, prévues afin d'éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande, un garde-fou jugé essentiel au maintien de la paix sur l'île.

Les négociateurs entreront ensuite, à partir de mardi, dans un nouveau cycle de discussions sur leur future relation, le neuvième depuis mars et le dernier pour l'instant inscrit à l'agenda.

De sources concordantes, aucune percée n'est attendue pendant cette semaine de discussions dans la capitale belge.

Mais "la voie vers un accord devra être identifiée", estime un diplomate européen. "Si nous n'avons aucun mouvement, le processus sera en grande difficulté", alerte-t-il.

Et le spectre d'un "no deal", qui ébranlerait un peu plus des économies déjà fragilisées par l'épidémie de coronavirus, viendrait à nouveau hanter les esprits.

"Pour être honnête, je ne suis pas optimiste" sur les chances d'accord, a souligné lundi le Premier ministre irlandais Micheal Martin dans le journal gratuit i, jugeant que le projet de loi britannique avait "érodé la confiance" entre les deux partenaires.

- Calendrier serré -

"Nous avançons vers un précipice. Passer d'une intégration complète du marché à un +no deal+ aurait des conséquences dévastatrices pour les entreprises", a averti de son côté Markus Beyrer, le directeur général du syndicat des patrons européens, BusinessEurope.

Les discussions commerciales, menées par Michel Barnier côté européen, et David Frost côté britannique, doivent s'achever vendredi, au moment même où les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE seront réunis à Bruxelles, pour un sommet de deux jours, qui aura débuté jeudi.

Elle se tiennent dans un calendrier particulièrement serré: le Premier ministre britannique Boris Johnson a laissé aux négociateurs jusqu'au 15 octobre, date d'un sommet européen à Bruxelles, pour parvenir à s'entendre. Les Européens estiment eux qu'un accord commercial doit être conclu avant fin octobre.

L'objectif est de laisser suffisamment de temps pour la ratification du texte, afin qu'il entre en vigueur le 1er janvier 2021, quand aura pris fin la période de transition pendant laquelle le Royaume-Uni continue d'appliquer les normes européennes.

Les pourparlers butent toujours sur plusieurs sujets sensibles, dont l'éternelle question des garanties exigées par l'UE en matière fiscale, sociale, environnementale et surtout d'aides d'Etat, pour éviter de voir surgir de l'autre côté de la Manche une économie dérégulée, qui la concurrencerait de manière déloyale.

Un accord sur la pêche, permettant aux Européens de continuer à pêcher dans les eaux britanniques, très poissonneuses, reste également à trouver.

Enfin, la "gouvernance" du futur accord, en particulier la manière dont Londres et Bruxelles résoudront leurs futurs différends commerciaux (et la place de la Cour de justice de l'UE dans ce processus), continue de poser problème.

Le projet de loi britannique a sérieusement échaudé les Etats membres, qui comptent par ailleurs ficeler un accord aussi solide que possible, en guise d'assurance contre toute future tentative de revirement.

"L'intention, c'est de border le texte juridiquement", explique une source européenne. "Pas sûr que les Britanniques soient prêts à ça..."

zap-arp/fmi/pcm