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Aéronautique: 600 suppressions d'emplois chez le sous-traitant AAA, "toujours insatisfaisant" pour la CFDT

·3 min de lecture
Des salariés de AAA, un sous-traitant du secteur aéronautique, manifestent le 6 octobre 2020 à Colomiers
Des salariés de AAA, un sous-traitant du secteur aéronautique, manifestent le 6 octobre 2020 à Colomiers

Quelque 600 suppressions de postes au lieu des 719 annoncées en juillet chez le sous-traitant aéronautique AAA: une "avancée" toujours insatisfaisante pour la CFDT, 2e syndicat chez AAA, qui a organisé mardi plusieurs rassemblements en France, au dernier jour des négociations du plan de restructuration.

"On ne peut pas se satisfaire de ça. Il y a toujours des centaines de salariés qui vont être licenciés, avec des conditions très médiocres pour se reconvertir", a déploré Arnaud Robin, représentant syndical de la CFDT présent sur le site de AAA à Colomiers, près de Toulouse, le plus touché.

Selon lui, l'entreprise AAA (Assistance Aéronautique et Aérospatiale) "va faire en sorte que les gens repartent avec le minimum légal et des indemnités dérisoires".

Dans le sillage de la crise du Covid-19 qui touche l'ensemble du secteur aéronautique, elle avait annoncé en juillet vouloir mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour 719 salariés sur 1.587, soit plus de 45% des effectifs.

Au terme du dernier round de négociations mardi, "il n'y a pas eu d'avancées sociales, la direction a uniquement revu sa copie sur le nombre de suppressions de postes", avec 116 licenciements de moins en France (sur 1.500 postes), et 55 de moins à Toulouse (sur environ 800), a affirmé M. Robin.

La CFDT réclamait notamment la mise en place du nouveau dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD).

"AAA, Aucun Avenir Assuré", pouvait-on lire sur une banderole attachée à la grille d'entrée du site de l'entreprise à Colomiers, spécialisée dans les services sur site pour des clients tels qu'Airbus ou Safran.

Les sous-traitants sont sacrifiés "par rapport aux grandes boîtes du CAC 40", davantage aidées par l'Etat, selon Thierry Pingaud, mécanicien aéronautique chez AAA depuis huit ans et délégué syndical CFDT.

Sans beaucoup d'espoir sur une reconversion, il estime qu'il n'y aura "pas de plan B pour les salariés licenciés". "J'irai pointer à Pôle emploi, comme tout le monde", dit-il.

Ces derniers mois, la quasi-totalité des sous-traitants d'Airbus - AAA, Derichebourg Aeronautics, Latécoère, Liebherr Aerospace ou Sogeclair - ont annoncé des plans sociaux ou des mesures visant à réduire leurs effectifs.

A Méaulte (Somme), une quarantaine de salariés s'étaient rassemblés dans la matinée devant le bâtiment de AAA. C'était "une dernière occasion de mettre un rapport de force" mais "très peu de salariés osent se mobiliser face au travail de sape de la direction et des autres syndicats", a indiqué Julien Da’Rolt, secrétaire général CFDT métaux Sommes-Amiens. 

"On est quasiment sûrs que le plan sera signé le 16 octobre par les autres syndicats, FO et CFE-CGC, a-t-il déploré.

A Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), où une dizaine de salariés s'étaient rassemblés, Quentin, 31 ans et père de deux jeunes enfants, avec un crédit sur sa maison, se demande aussi comment il va s'en sortir. "Peu de boîtes recrutent encore, on sait déjà qu'on va passer énormément de temps au chômage. C'est assez compliqué de se dire du jour au lendemain qu'il faut que je me reconvertisse", explique ce contrôleur qualité pour AAA depuis sept ans. 

L'entreprise, qui compte quelque 3.500 salariés dans le monde, est basée à Paris mais possède plusieurs plateformes d'intervention dans l'Hexagone, notamment à Saint-Nazaire, Bordeaux ou Tarbes.

burs-mer/ap/zl