EPR de Flamanville : Bouygues se sépare d'un sous-traitant

Bouygues a rompu son contrat avec Atlanco. Une annonce qui survient alors que le géant du BTP est au centre d'une affaire d'accidents du travail non déclarés, relevés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le contrat rompu, les soixante-dix à quatre-vingts employés polonais du sous-traitant ont été renvoyés ce week-end, selon la CGT.

Le départ d’Atlanco pourrait par ailleurs redorer l’image du chantier, où plusieurs salariés ont déjà trouvé la mort, et où les clauses sociales ne semblent pas être vraiment respectées. A ce titre, Atlanco, dont le siège social est à Chypre, vient en effet, selon la CGT du chantier, d’être mise en cause pour des prélèvements arbitraires sur le salaire de ses 80 salariés du chantier, tels des prélèvements illégaux d’argent pour les impôts et des taxes de sécurité sociale envoyées à Chypre, mais ni à la sécurité sociale, ni en Pologne.

La CGT avait d’ailleurs alerté l’ambassade polonaise sur ces pratiques ainsi que les autorités européennes. Ces dernières vont d’ailleurs diligenter une délégation qui viendra visiter le chantier et ausculter son fonctionnement le premier juillet prochain.

Le chantier de l'EPR a déploré ces derniers mois trois accidents du travail mortels. Le 11 juin un salarié de 32 ans de la société Endel est mort après une chute de 10 mètres. Le 24 janvier, un intérimaire de 37 ans employé par la société Normetal avait fait une chute mortelle qui a entraîné l'ouverture à Cherbourg d'une enquête en flagrance pour "homicide involontaire". La semaine dernière, un ouvrier qualifié d'Areva est mort dans un accident de la route en quittant le chantier, selon EDF et les gendarmes. Le chantier accuse un retard d'au moins deux ans.


Avec Ana Lutzky
 

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