Publicité
La bourse est fermée
  • Dow Jones

    38 834,86
    +56,76 (+0,15 %)
     
  • Nasdaq

    17 862,23
    +5,21 (+0,03 %)
     
  • Nikkei 225

    38 570,76
    +88,65 (+0,23 %)
     
  • EUR/USD

    1,0746
    +0,0002 (+0,02 %)
     
  • HANG SENG

    18 430,39
    +514,84 (+2,87 %)
     
  • Bitcoin EUR

    60 517,84
    +222,16 (+0,37 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 387,90
    +50,15 (+3,75 %)
     
  • S&P 500

    5 487,03
    +13,80 (+0,25 %)
     

États-Unis: qui est Ron DeSantis, le républicain qui défie Donald Trump pour la présidentielle 2024?

BFMTV

La bataille pour la Maison-Blanche est officiellement lancée au sein de la droite américaine. Après plusieurs mois de rumeurs, le gouverneur de Floride Ron DeSantis a déposé formellement ce mercredi sa candidature à l'élection présidentielle américaine de 2024.

Il est le principal concurrent de l'ancien président Donald Trump, candidat depuis novembre pour l'investiture du Parti républicain. Celui qui la remportera affrontera très probablement Joe Biden, candidat pour un second mandat et peu concurrencé au sein du Parti démocrate.

À la tête du troisième État le plus peuplé des États-Unis, en guerre contre les défenseurs des droits LGBT, l'avortement, les immigrés et Disney, Ron DeSantis est le champion des dirigeants du Parti républicain face à un Donald Trump imprévisible et criblé de procédures judiciaires. Seules ombres au tableau: un profil technocrate qui pourrait repousser l'électorat populaire et un manque de charisme que Donald Trump lui rappelle allègrement.

Concurrent sérieux de Donald Trump

Ron DeSantis, 44 ans, a été propulsé sur la scène nationale américaine lors de son élection en tant que gouverneur de Floride en 2018, après une campagne incertaine durant laquelle il a bénéficié du fervent soutien de Donald Trump, alors président. Il s'est depuis imposé comme un poids lourd du Parti républicain et veut incarner le renouveau du Parti républicain après la victoire de Joe Biden en 2020.

PUBLICITÉ

Réélu très confortablement à son poste en novembre 2022 dans un contexte de désillusion républicaine aux élections législatives de mi-mandat, le gouverneur de Floride est devenu synonyme de victoire pour son parti, là où les résultats des candidats directement soutenus par Donald Trump ont été contrastés.

Malgré cette dynamique, le quadragénaire est loin derrière son ex-mentor dans les études d'opinion. Dans le cadre d'un primaire, Donald Trump récolterait 58% des voix contre seulement 22% pour Ron DeSantis, selon un sondage pour le média américain CBS News paru le 1er mai. Mais face à l'ancien président, le gouverneur de Floride est le seul à dépasser les 10% d'intentions de vote parmi les autres candidats républicains déclarés ou potentiels.

"Aussi bien au sein des adhérents républicains que des électeurs en général, il est compétitif par rapport à Donald Trump", analysait en novembre dernier pour BFMTV.com Marie-Christine Bonzom, politologue et ancienne correspondante de la BBC à Washington.

Ron DeSantis sait que l'ancien président continue de jouir d'une grande popularité auprès des électeurs républicains et limite pour le moment les attaques à son encontre. Au contraire de Donald Trump, qui multiplie les saillies à son encontre. "Le problème avec DeSantis, c'est qu'il aurait besoin de se faire greffer une personnalité", moquait récemment Donald Trump sur son réseau, Truth Social, note l'AFP. Une manière de rappeler le déficit d'aura du futur candidat à la Maison-Blanche, bien moins bon orateur que l'ancien président, ancien animateur de télévision connu pour faire de ses meetings de véritables shows.

Avortement, LGBT, immigration: une même ligne dure

À la tête de la Floride, Ron DeSantis a eu les mains libres pour mener à bien des réformes très conservatrices, bénéficiant d'un parlement local à majorité conservatrice. Il a désigné ses ennemis: la "bien-pensance", les personnes LGBT, les immigrés et Disney.

“Ron DeSantis se présente comme un républicain acceptable en faisant du trumpisme sans Trump”, résume Marie-Christine Bonzom.

Son initiative la plus controversée est une loi interdisant depuis juillet 2022 aux enseignants d'évoquer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, surnommée par "Don't Say Gay" par ses opposants. Le groupe Disney, premier pourvoyeur d'emploi de l'État avec 77.000 employés revendiqués, notamment dans l'immense parc d'attraction Disney World, s'est publiquement opposé à ce texte, déclenchant la colère du gouverneur et une salve de mesures anti-Disney.

Le 17 mai 2023, le gouverneur promulguait un autre texte interdisant les traitements et opérations de transition de genre pour les mineurs, dans le sillage d'une douzaine d'autres États conservateurs.

Ron DeSantis a aussi progressivement abaissé le délai légal pour avorter en Floride, qui s'élevait à 24 semaines à son arrivée en poste et qui pourrait bientôt passer à 6 si la loi qu'il a promulguée en avril est validée par la Cour suprême locale. La Floride est à ce jour l'un des seuls États du sud-est américain où l'avortement reste légal, après l'annulation de ce droit constitutionnel par la Cour suprême des États-Unis en juin 2022.

Le désormais candidat à la présidentielle défend une politique de forte régulation de l'immigration comme en témoigne son soutien au mur entre le Mexique et les États-Unis promis par Donald Trump lors de sa première campagne présidentielle. En septembre 2022, le gouverneur affrétait sur fonds public deux avions pour transférer une cinquantaine de demandeurs d'asile depuis la Floride vers l'île huppée de Martha's Vineyard (nord-ouest des États-Unis), prisée des apparatchiks démocrates comme les Obama, les Clinton ou encore Bill Gates et Oprah Winfrey.

"Si vous croyez à l'ouverture des frontières, [vous devez] supporter le poids de l'ouverture des frontières", lançait alors le gouverneur.

"Il est capable de faire parler de lui mais son objectif ce n’est pas de créer le chaos en tirant un coup à droite un coup à gauche comme pouvait le faire Donald Trump. C’est quelqu’un qui a une vision très claire de ce que ça veut dire d’être conservateur aujourd’hui", estime pour BFMTV.com Nicole Bacharan, politologue spécialiste des États-Unis.

"La décision de sa vie"

Sur le plan de la communication, Ron DeSantis cherche à se construire l'image d'un homme parti de rien. Tenant son nom de famille d'arrière-grands-parents italiens, il répète à l'envie que sa mère était infirmière et que son père installait des boîtiers relevant les audiences sur les téléviseurs de particuliers. Il dit ne pas oublier ses "racines de col bleu" et revendique aussi d'avoir commencé à travailler "pour 6 dollars de l'heure".

Une image à nuancer: “Il est surdiplômé même s’il fait l’homme du peuple. Il a fait Yale en histoire et droit à Harvard: c’est vraiment l’élite, ce qu’on appelle aux États-Unis, l’Ivy League;”, explique Marie-Christine Bonzom.

"Il a un pedigree très proche de Clinton et Obama" diplômés des mêmes écoles, compare-t-elle encore.

Face à un Donald Trump cerné de procédures judiciaires (implication dans les émeutes du Capitole, accusations de viol et pot-de-vin, notamment), à la vie personnelle mouvementée et qui a fait des allers-retours entre les partis démocrate et républicain, le gouverneur de Floride joue la droiture politique et morale. Il met régulièrement en scène sa femme et ses trois enfants, rappelle volontiers qu'il a été mobilisé en Irak pendant sa carrière militaire, là où Donald Trump a esquivé cinq fois le service militaire.

Il est par ailleurs assis sur un trésor de guerre de 110 millions de dollars issus de ses fonds de campagne pour sa réélection en Floride. Il compte puiser dans ces fonds pour essayer de rattraper son retard en inondant le pays de spots publicitaires, explique l'AFP.

Dernier avantage de DeSantis: sa jeunesse. Plus jeune gouverneur de Floride lorsqu'il a été élu en 2019 à 40 ans, il tranche avec les 76 ans de Donald Trump (77 le 14 juin) et les 80 de Joe Biden. La candidature du quadragénaire est "la décision de sa vie: ça peut le faire au niveau national comme le défaire, mais il est encore jeune", considère Marie-Christine Bonzom. "Trump, lui, n’a plus le temps".

Article original publié sur BFMTV.com