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Élèves absents pour l'Aïd: la FSU "dénonce vivement l'opération" et demande des "précisions" à Darmanin

THIERRY ZOCCOLAN - AFP

La FSU, majoritaire dans l'Éducation nationale, a écrit lundi au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, lui demandant des "précisions" sur "la nature de la demande nationale" du ministère de l'Intérieur d'effectuer dans certaines académies une évaluation du taux d'absence des élèves à l'occasion de l'Aïd al-Fitr qui conclut le ramadan.

La FSU "dénonce vivement cette opération. Chercher à constituer des statistiques par les forces de l'ordre sur l'appartenance à une religion et sur ses pratiques réelles et supposées, surtout dans le cadre de l'école, contrevient aux principes élémentaires de la laïcité et des droits fondamentaux qu'elle instaure", écrit la FSU, dans une lettre adressée lundi à Gérald Darmanin.

Pas de "fichage" selon Beauvau

L'Intérieur a admis dimanche soir avoir demandé une "évaluation du taux d'absentéisme constaté à l'occasion de l'Aïd al-Fitr", mais a nié tout "fichage".

Dans l'académie de Toulouse, des policiers ont demandé aux chefs d'établissements scolaires de Toulouse, par mail, de leur indiquer le nombre d'élèves absents le jour de l'Aïd al-Fitr le 21 avril.

La FSU rappelle dans son courrier que "la possibilité pour les élèves de s'absenter (...) les jours des grandes fêtes religieuses fait partie de ces garanties de liberté qui fondent les équilibres qui permettent au quotidien d'appliquer le principe de laïcité dans les écoles et établissements scolaires".

"Décompter ces absences par école et établissement, qui plus est par les services de police, fait donc peser une pression inacceptable sur l'ensemble de la communauté scolaire", insiste-t-elle.

Une demande d'éclairage

Le syndicat regrette que "les quelques explications données" ne "permettent pas de savoir, à ce stade, quelle était la nature de la demande nationale des services centraux du ministère de l'Intérieur ni par quels canaux cette demande est passée" et demande "des précisions sur ces points".

"Nous souhaitons aussi savoir à quelles fins étaient destinées ces statistiques, l'explication avancée d'une étude de 'l'impact de certaines fêtes religieuses sur le fonctionnement des services publics' n'y répond pas et acte le ciblage discriminant que constitue cette initiative".

La CGT Éduc'action a dénoncé lundi, dans un communiqué, une "stigmatisation scandaleuse et dangereuse". "Le ministère de l'Intérieur n'a pas vocation à mener des enquêtes 'sociologiques' et encore moins concernant le fonctionnement de l'école ou la laïcité au sein de notre institution".

Article original publié sur BFMTV.com