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Économie allemande : le pire est-il vraiment passé ?

Le PIB de l’Allemagne a crû de 0,6% l’an dernier, selon la première estimation de l’institut Destatis.

Après avoir frôlé la récession au troisième trimestre (+0,1%, après -0,2% au deuxième), le pays a un peu relevé la tête durant les trois derniers mois de l’année, avec une hausse de 0,2%.

Loin de ses performances de 2017 (+2,5%) et 2018 (+1,5%), Berlin fait en outre moins bien que la zone euro, dont la croissance est attendue à 1,2% par le FMI. Seule l’Italie devrait faire pire : son économie est estimée en stagnation.

Le salut par les ménages

L’Allemagne tient bon grâce à la résilience de sa demande intérieure. Elle provient en partie de la dépense publique (investissements, prestations sociales, etc.).

Carsten Brzeski, chef économiste de la branche allemande d’ING, estime par exemple que les stimuli fiscaux (allocations familiales, baisses d’impôts…) ont boosté le PIB de 0,5 point de pourcentage l’an dernier. La consommation des ménages est un autre soutien majeur : en dépit de soubresauts, les ventes au détail ont crû de 2,1% (sur un mois) en novembre, portant le secteur des services. L’indice PMI reflétant son activité est remonté à 52,9 points en décembre. La bonne tenue du marché du travail n’est pas étrangère à cette situation.

Le pays comptait en décembre 2,28 millions de demandeurs d’emploi, proche de ses plus-bas historiques. Pour autant, le taux de chômage est légèrement remonté l’an dernier – une première depuis 2013 – à 5% de la population active.

«La progression des salaires et les créations d’emploi sont amenées à se réduire, conduisant à un tassement du revenu disponible», avertit Philippe Vilas-Boas, économiste chez Crédit Agricole.

Une panne qui dure

Ces perspectives moins favorables sont liées à la crise du secteur manufacturier. Alors qu’il génère 25% du PIB outre-Rhin, son PMI évolue depuis un an sous le Cliquez ici pour lire la suite