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"Ça ne ressemble à rien": le coup de gueule de Vasseur sur le grand bazar du début de Vuelta

"Ça ne ressemble à rien": le coup de gueule de Vasseur sur le grand bazar du début de Vuelta

L'organisation de ce début de Tour d'Espagne fait parler depuis le départ de Barcelone ce samedi. Après un contre-la-montre par équipes inagural disputé dans des conditions dantesques, la deuxième étape avait été frappée par de fortes pluie, contraignant à un gel des temps à 9 kilomètres de l'arrivée. Le manager de la Cofidis, Cédric Vasseur, pointe des défauts d'équité sportive et des problèmes de sécurité qui persistent au fil des années.

"On ne peut pas annuler une course cycliste parce qu'il y a du vent ou parce qu'il pleut, souffle-t-il au micro de RMC. On est aussi capable de rouler quand il pleut. Les conditions dans lesquelles les coureurs ont parcouru le contre-la-montre par équipe n'étaient pas forcément équitables. Quand on prévoit une compétition, on doit la prévoir sous une forte chaleur, 40 degrés, mais aussi imaginer scénario où les conditions ne sont pas forcément favorables. Et là, l'horaire de départ n'était pas idéal pour une équité sportive".

"J'ai été coureur cycliste il y a 25-30 ans et j'ai l'impression que l'on n'a pas appris depuis. On parle de sécurité, c'est beaucoup de blabla"

"Aujourd'hui, on voit que les problèmes se multiplient sur les compétitions, ajoute Vasseur, alors que des clous ont aussi été aperçus sur la route de la 2e étape. Il est probablement temps pour l'UCI, pour les organisateurs de se réunir et de considérer des protocoles différents en fonction des conditions météo. En aucun cas, cela peut inclure les équipes et les coureurs. Nous, on fait partie des artistes. On produit un spectacle. C'est à l'organisateur de nous offrir un terrain de jeu propice à une équité sportive et surtout au combat. Aujourd'hui, on est un peu dans une situation particulière, on a tendance à vouloir impliquer les coureurs et les équipes dans ces questions de sécurité sur les courses et en réalité on produit juste un spectacle".

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"J'ai été coureur cycliste il y a 25-30 ans et j'ai l'impression que l'on n'a pas appris depuis, appuie-t-il. On parle de sécurité, c'est beaucoup de blabla. On fait des réunions, on annonce des choses mais au final on se rend compte qu'au mois d'août en 2023 sur la Vuelta, on a un scénario complètement ubuesque avec une arrivée tronquée, avec des temps pris à 9 kilomètres, ça ne ressemble à rien, ni pour les spectateurs, ni pour les sponsors. Il faut prendre ses responsabilités. On peut aussi comprendre les coureurs qui au bout d'un moment en ont ras-le-bol".

"Chaque organisateur essaye de trouver la route la plus tortueuse, la plus problématique pour qu'il y ait spectacle à la télévision"

Avant d'évoquer les protestations des coureurs qui se multiplient en raison de défaillances en matière de sécurité. "Les compétitions ont lieu depuis le mois de février, chaque organisateur essaye de trouver la route la plus tortueuse, la plus problématique pour qu'il y ait spectacle à la télévision et là, fin août, la goutte fait déborder le vase, regrette-t-il. Que ce soit sur la course aux Pays-Bas ou sur la Vuelta, on a des mouvements de protestation. J'espère que du côté des autorités et des organisateurs on saura prendre en compte le mécontentement, la mesure de la gravité. On a quand même des vies humaines qui sont en jeu. (...) 30 ans plus tard, si on n'a pas fait évoluer la situation, c'est que quelque part il n'y a pas de prise de conscience. Donc aujourd'hui, la sécurité en course est la responsabilité de l'organisateur, pas des équipes ni des coureurs, point barre".

"Quand on voit des coureurs demander au peloton de ralentir, moi j'ai un peu honte pour mon sport, conclut Vasseur. On demande de l'argent à des sponsors, on veut véhiculer une image de guerrier. Maintenant il faut que ce soit dans de bonnes conditions. Et encore une fois, chercher une petite route qui tourne à droite, qui descend, qui va étirer le peloton... À un moment donné, stop. On peut aussi de temps en temps faire des arrivées normales, sur des routes droites, rectilignes. Il y aura peut être moins de spectacle à la télévision mais en tout cas la sécurité sera garantie".

Chérel: "Si le vélo se résumait à un rapport poids-puissance, on ferait des courses sur Switch ou sur circuit de F1"

Un avis que ne partage pas Mikaël Cherel. "Pour ma part je ne me suis pas senti en insécurité et pour être honnête je trouve que tout ce qu'il s'est passé est un peu excessif, affirme le coureur AG2R-Citroën. Il n'y a pas eu de concertation avec toutes les équipes quand il a fallu neutraliser (la course). C'est une discussion entre deux ou trois équipes au maximum et je suis assez contre. Je pense que le côté technique fait partie intégrante du vélo. Si le vélo se résumait à un rapport poids-puissance, on ferait des courses sur Switch ou sur circuit de F1 sur route sèche. J'irais même plus loin, en disant que la dramaturgie fait aussi partie du sport de haut niveau. Il faut que notre sport soit télégénique. Il l'est selon moi. Mais je me mets à la place des spectateurs. Hier, ils n'ont pas du comprendre ce qu'il se passait. Sur la Vuelta, les téléspectateurs s'attendent à avoir des chutes et des défaillances. Tout ça fait partie du vélo."

Selon lui, la question de la neutralisation est avant tout une tendance. "Il y a 15 ans on ne parlait pas des conditions météo, je n'ai pas souvenir de courses neutralisées, poursuit-il. Je n'aime pas ce coté-là dans le vélo. Les équipes sont très structurées, parfois même robotisées dans leur façon de faire". Avant d'évoquer le coup de gueule d'Evenepoel à l'arrivée du contre-la-montre. "Chacun doit avoir son opinion, je le respecte énormément, termine-t-il. Il a exprimé son point de vue et je n'irai pas m'opposer à lui. Ce qui m'a choqué, ce sont les gestes devant le peloton. On demande de ralentir parce que Roglic est tombé. Mais si on a Nicolas Prodhomme ou Goeffrey Bouchard qui tombent, on ne demande pas au peloton de s'arrêter. Il y a deux poids, deux mesures".

Coquard: "C'était la bonne décision"

En revanche, Bryan Coquard rejoint la prise de position de son manager. "Hier, on a fait le forcing pour avoir les temps gelés à 9km de l'arrivée, confirme-t-il. Je pense que la plus grande partie du peloton était d'accord, ça aurait rendu les choses encore plus dangereuses sur ce final technique et surtout mouillé. L'organisateur n'avait pas prévu cette pluie et c'est ça qui a rendu les choses compliquées. Les routes en Espagne glissent, ils n'ont pas trop l'habitude de la pluie. Dès que c'est mouillé, c'est une patinoire. On s'est adapté".

Le sprinteur de Cofidis insiste sur le fait que la 2e étape a tout de même été disputée, et qu'il aurait même pu viser la victoire sans une chute. "Personnellement, si je n'étais pas tombé, je me serais lancé dans le final quoi qu'il arrive, assure-t-il. C'était une étape qui était plutôt bien taillée pour moi. Après, je comprends aussi que les coureurs qui jouent le classement général ont une appréhension de prendre des risques dans le final. C'est dû clairement à la pluie. C'était la bonne décision. La course a eu lieu et y a eu un beau spectacle sans prise de risque inconsidérée".

Article original publié sur RMC Sport