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À Hong Kong, le magnat prodémocratie Jimmy Lai condamné à 14 mois de prison

·3 min de lecture

Le magnat de la presse hongkongais Jimmy Lai a été condamné, vendredi, à 12 mois de prison pour son rôle dans l'organisation en 2019 d'une des plus grandes manifestations en faveur de la démocratie. Il a écopé d'une peine supplémentaire pour sa participation à un autre rassemblement, portant sa condamnation à 14 mois de détention au total.

Pour la première fois, le magnat de la presse hongkongais Jimmy Lai a été condamné pour son action militante. Il a écopé, vendredi 16 avril, à de l'emprisonnement pour son rôle dans l'organisation en 2019 de deux grandes manifestations en faveur de la démocratie et il devra purger un total de 14 mois de détention.

Il avait été dans un premier temps condamné vendredi à 12 mois de prison pour avoir organisé un rassemblement,

Jimmy Lai faisait partie des neuf personnalités de l'opposition reconnues coupables d'avoir organisé et participé à ce premier rassemblement. Le patron de presse de 73 ans, propriétaire, de Next Media, qui compte notamment le quotidien Apple Daily et le magazine Next, a été condamné à 12 mois de prison, puis à huit mois supplémentaires pour sa participation à une autre manifestation mais comme une partie des peines seront effectuées simultanément, il ne fera que 14 mois de détention.

Quatre autres militants ont été condamnés à des peines allant de 8 à 18 mois. Ces faits étaient passibles d'une peine de cinq ans d'emprisonnement.

Selon les organisateurs, cette manifestation avait réuni 1,7 million de personnes, soit près d'un Hongkongais sur quatre. Ce chiffre n'a pu être vérifié indépendamment. La plupart de ces vétérans de l'opposition hongkongaise, souvent des apôtres de la non-violence ont passé des décennies à se mobiliser en vain pour l'instauration d'un véritable suffrage universel.

Parmi les autres prévenus, figuraient l'ex-députée de l'opposition et avocate Margaret Ng, 73 ans, et l'avocat Martin Lee, 82 ans, qui, avant la rétrocession en 1997 avait été choisi par Pékin pour rédiger la Loi fondamentale qui sert de mini-constitution dans la région semi-autonome. Tous deux ont été condamnés à des peines de prison assorties d'un sursis.

Un jugement scruté par le monde entier

Parmi les autres militants figuraient des membres du parti travailliste ou du Front civil des droits de l'Homme (CHRF), coalition qui avait organisé les plus grandes manifestations en 2019. Des sympathisants, des proches, des journalistes et des diplomates, représentant l'Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Suède, l'Australie, l'Allemagne et la France, ont assisté à l'audience.

Jimmy Lai est actuellement en détention provisoire du fait de poursuites distinctes au nom de la loi draconienne sur la sécurité nationale que Pékin a imposée en juin. Les manifestations de 2019 ont régulièrement dégénéré en affrontements avec la police anti-émeute. En réponse à ce mouvement, Pékin a imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale et une vaste campagne de répression à l'encontre de la dissidence. La pouvoir chinois a également adopté une réforme radicale du système électoral de Hong Kong, qui marginalisera totalement l'opposition.

Pour beaucoup de Hongkongais engagés dans la mouvance prodémocratie, Jimmy Lai est un héros, un patron de tabloïd qui a bâti sa fortune seul, et le seul patron de presse hongkongais qui tienne tête au pouvoir central chinois. À l'inverse, les médias d'État chinois le qualifient régulièrement de "traître" en l'accusant d'être l'instigateur de la contestation de 2019.

Avec AFP