Guillaume Poitrinal abandonne la présidence de ce leader des centres commerciaux, après avoir un été l'un des champions de la création de valeur. Et alors qu'il n'a que quarante-cinq ans !
Société discrète, presque trop, Unibail ($UL.PA) est une vraie success-story. Surtout depuis que Léon Bressler en a confié les commandes à Guillaume Poitinal, propulsé à la tête de ce groupe à 37 ans. Qu'on en juge : depuis que ce jeune patron dirige ce spécialiste des centres commerciaux, le cours de bourse a progressé de 88 %, alors que dans le même temps le CAC 40 reculait de 7 %. Et il a distribué à ses actionnaires 80 euros de dividendes cumulés. Ce qui correspond à un taux de rendement moyen de 15 %, quatre à cinq fois supérieur aux autres sociétés du CAC 40. Par ailleurs la taille du groupe a été multipliée par quatre. Et son avenir est largement assuré, avec pas loin de 7 milliards d'euros de projets livrables sous 5 ans, dont environ 60% en France.
Malgré cette réussite spectaculaire, Guillaume Poitrinal a décidé de passer la main. Une décision qu'il murissait depuis déjà deux ans. Ce qui a permis au conseil de surveillance de préparer cette succession en douceur et de recruter Christophe Cuvillier, qui va lui succéder dès le mois d'avril prochain.
Un modèle d'entreprise
Unibail est donc un modèle de ce que devrait être une entreprise du CAC 40, avec des patrons qui ne proviennent pas de cabinets ministériels, qui mouillent la chemise en achetant des titres ou en exerçant des stock-options moyennant un endettement personnel élevé et qui créent de la valeur pour l'ensemble de leurs actionnaires, contre vents et marées. C'est dire à quel point ce groupe est loin du capitalisme de connivence qui a fait tant de mal au "système français". C'est sans doute pour ces raisons aussi qu'il a connu une réussite aussi spectaculaire, davantage reconnue par les étrangers que par les français.
Quant à Guillaume Poitrinal, il se retrouve à 45 ans riche de ses 200.000 titres, et délesté de tous les impôts que la nouvelle majorité a instaurés ou relevés. Ce qui ne va pas l'empêcher d'utiliser son énergie, sa liberté d'esprit et son talent à recréer une dynamique entrepreneuriale. Si seulement tous les patrons du CAC 40 savaient se comporter, gérer et agir comme il l'a fait...!

