Le très informé hebdomadaire financier américain Barron's croit savoir que les
responsables de la société Dow Jones Indexes, qui gère les fameux indices du
même nom, auraient décidé de faire entrer dans ce précieux échantillon de trente
valeurs deux valeurs emblématiques : Google et Apple. Ce changement pourrait
intervenir d'ici la fin de l'année aux dépens de titres moins « glamours » comme
Alcoa, Bank of America, voire même Hewlett-Packard.
Toute la question est de savoir si ce mouvement consiste à faire en sorte que
l'indice Dow Jones reste un thermomètre fiable de la bourse américaine, en y
intégrant des valeurs plus représentatives de la richesse du pays, ou bien s'il
s'agit d'une simple opération marketing destinée à jeter un peu de lumière sur cet
indice créé en 1884 par Charles Dow à partir de onze titres, dont neuf
représentaient alors des compagnies des chemins de fer.
Car le problème du Dow Jones, n'est pas dans sa notoriété, mais dans sa fiabilité.
Avec l'indice Nikkei 225, c'est le seul indice boursier au monde qui est calculé en
fonction de la valeur faciale des actions qui le composent. Cela signifie que si
demain, l'action Apple, vient à faire partie du Dow Jones, elle pèsera à elle seule
plus du quart de l'indice, parce que son cours est actuellement d'un peu plus de
600 dollars. Si la société décidait de multiplier par trois le nombre de ses actions
(et donc de diviser par trois le nominal) sans affecter sa valeur globale, aussitôt le
poids du titre Apple dans le Dow serait inférieur à celui d'IBM. C'est dire s'il n'y a
rien de scientifique dans l'établissement de ce baromètre boursier, que toute la
planète finance suit pourtant minute après minute.
A sa décharge le Dow Jones a deux gros avantages. D'abord, c'est le plus ancien
des indices. Ce qui permet des comparaisons et des séries historiques, ce dont les
américains raffolent. Ensuite, il ne procède que très rarement à des changements
au sein de son panier de 30 valeurs. La dernière modification remonte à juin 2009
lorsque les dirigeants de cette institution ont sorti General Motors, mettant fin à
la présence continue du constructeur automobile pendant 83 ans au sein de
l'indice.
Il reste que la plupart des professionnels utilisent désormais l'indice S&P 500
considéré comme plus fiable et plus représentatif. Quant aux autres, ils se
rappellent le proverbe chinois : « quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde
le doigt. »

