
Selon les traditions ancestrales des peuples Mayas, la fin du monde est programmée pour le 21 décembre 2012. Pourquoi cette date ? Tout simplement parce que le calendrier Maya, qui est l'un des plus anciens de toute l'histoire humaine, s'arrête à cette date…
Si l'apocalypse était pour demain, ou pour le solstice de l'hiver prochain, les investisseurs achèteraient massivement de l'or. De ce métal jaune qui a fait la prospérité des Mayas pendant des siècles avant d'être colonisés par les occidentaux. Si la fin du monde était programmée de manière aussi précise, les hedge funds pourraient faire fortune et vendre à découvert par milliards de dollars. Tout et n'importe quoi ! Si ce cataclysme annoncé, qui se répand sur internet tout autour de la planète comme une trainée de poudre, était vraiment pris au sérieux, personne ne saurait vraiment où placer son argent. Mais chacun éviterait, en fait, de le mettre précisément sur les marchés financiers, et notamment dans des titres cotés.
Les yeux déjà rivés sur 2013
Or que se passe-t-il ? Depuis le début de l'année, l'indice CAC 40 a progressé de 9 %, en dépit de la perte du Triple A, de la révision en baisse de la croissance, et des annonces de nouvelles taxes. Et si l'on regarde en détail la composition de ce thermomètre de la Bourse de Paris, pas moins de 36 valeurs sont en hausse, et 4 seulement sont en baisse.
Mieux encore, certaines, affichent des scores impressionnants à quelques mois d'une hypothétique fin du monde. Alstom et Peugeot ont progressé de 33 % en l'espace de 40 jours ! Saint-Gobain et Michelin affichent des hausses de 21 %. Mais la palme revient, bien sûr, à Technicolor (au sein du SBF 120) qui a tout simplement doublé depuis le 1 er janvier…
Bien sûr, il ne faut pas être dupe. Cette envolée ne va pas se poursuivre à ce rythme jusqu'au 21 décembre, ne serait-ce que pour ridiculiser les Mayas ! Bien sûr, il y a, dans cette hausse une bonne part de rebond, après un automne boursier 2011 épouvantable. Bien sûr, il y a aussi la bonne tenue des valeurs financières, qui avaient largement tiré les marchés à la baisse l'an passé.
« Le pire, a-t-on coutume de dire, c'est quand le pire commence à empirer ». Le pire, les investisseurs ont clairement décidé de faire une croix dessus. Ils savent que 2012 sera une mauvaise année sur le plan macro-économique. C'est ce qui les amène déjà à regarder 2013 et les perspectives de résultats des entreprises au-delà de cette année. Autant dire qu'ils comptent bien être là dans un an, après la fin du monde annoncée par les Mayas, pour voir de quelle manière les groupes du CAC 40 se seront préparés au rebond de 2013. Et nous aussi !
ydekerdrel@wansquare.com

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