FlamenvilleLe surcoût de l'EPR de Flamanville, et maintenant la rupture entre EDF et Enel sur ce projet, sont certes un coup dur pour l'électricien français, mais qui sont les suites de la gestion Lauvergeon.
Il est certain que l'annonce d'un dérapage de 2 milliards d'euros des coûts de fabrication de l'EPR de Flamanville est une mauvaise nouvelle pour EDF. Il est indéniable que la rupture des accords avec l'italien Enel, qui détenait une participation de 12,5 % dans cette future centrale, est un sale coup pour le groupe dirigé par Henri Proglio. Non seulement il va devoir rembourser les dépenses déjà engagées, à savoir 613 millions d'euros, assortis des intérêts (soit un chèque global de 690 millions d'euros), mais en plus il doit désormais assumer seul le coût de 100% du projet.
Cette décision de retrait de la part de l'italien n'est certes pas vraiment surprenante, dans la mesure où elle fait suite à la fin de la collaboration entre EDF et Enel sur la construction de centrales nucléaires en Italie, le pays ayant décidé de ne plus investir dans cette source d'énergie. En outre, Enel doit lui-même faire face à un endettement excessif (46,5 milliards d'euros de dette à fin septembre, pour un Ebitda estimé à 16,7 milliards d'euros cette année).
EDF tente de faire contre mauvaise fortune bon coeur, et garde comme objectif de parvenir à une dette équivalente à 2,5 fois son Ebitda en fin d'année. Mais il est évident que ces mauvaises nouvelles pèsent fortement sur le cours de bourse de l'électricien, qui a perdu plus de 2% hier.
Mais il ne faut pas se tromper de débat. EDF est victime dans cette affaire et non coupable. EDF est victime d'une conception des EPR faite en dépit du bon sens, à un moment où Anne Lauvergeon, alors patronne d'Areva, entendait assurer la maîtrise d'oeuvre de ces centrales de nouvelle génération. Si cet EPR pose autant de problèmes à Bouygues, le constructeur, comme à EDF, l'opérateur, et si l'EPR finlandais à défrayé la chronique, c'est parce que ces monstres de technologie et de béton ont eu le tort de ne pas être conçus en série.
Et s'il n'y a pas eu de "série" EPR, comme cela avait été le cas pour l'ensemble du parc nucléaire français construit à partir des années 70, c'est tout simplement parce qu'Areva, alors géré par Anne Lauvergeon, a tout fait pour que chaque projet soit géré de manière indépendante, avec comme ambition à peine cachée de diviser pour régner sur la filière nucléaire.
Voilà pourquoi il serait très injuste de faire le moindre procès à EDF à l'occasion de ces dérapages de Flamanville. Et tout cela, même si la sanction boursière est aussi impitoyable qu'injuste !
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