C'est donc officiel, même si c'est encore très flou. Facebook et ses 845 millions d'amis vont débarquer sur le marché boursier dans les semaines qui viennent.
L'annonce en a été faite avec tambours et trompettes et bien sûr la résonance de l'internet. Mais aucune date n'est fixée, à ce jour, pour cette opération qui doit tout de même se traduire par une augmentation de capital de 5 milliards de dollars. De la même manière, personne n'a la moindre idée du prix de l'action, ou seulement d'une fourchette de prix, voire d'une simple estimation, même si d'aucuns jugent qu'au final Facebook pourrait valoir entre 75 et 100 milliards de dollars.
Bref le "social network" dont nos enfants, nos amis, nos collègues, voire nous-mêmes sommes devenus des "accros" est bizarrement très silencieux s'agissant de lui. Tous ceux qui ont des insomnies et essaieront de lire les deux cent pages du prospectus préliminaire risquent d'être déçus par le vide des données qui contraste de manière stupéfiante avec l'image de cette "success-story," dont certains ont fait un film.
Bien sûr il y a des données incontestables : un bénéfice proche du milliard de dollars en 2011, pour un chiffre d'affaires de 3,7 milliards. Une trésorerie de plus de trois milliards de dollars. Mais avec cela aucune intention de distribuer un dividende à l'avenir. Et pour très longtemps !
Plus de questions que de réponses
D'un côté il y a ce curieux contraste entre l'image d'une "société de jeunes" et un capitalisme opaque, voire même très secret. D'un côté, il y a cette opposition curieuse entre le phénomène Facebook et une société qui peine à se mettre à nu comme l'exige l'impitoyable règle' des marchés financiers. De l'autre il y a toute une série d'interrogations nées de cet halo de mystère qui entoure Facebook, ses comptes, son modèle économique, sa future cotation et ses facteurs de risques.
Chacun a bien compris, depuis longtemps que la croissance de Facebook reposait à la fois sur la croissance du nombre "d'amis" et sur la progression du chiffre d'affaires publicitaire. Que se passerait-il si l'un de ces deux moteurs se mettait à tourner au ralenti ? Une question d'autant plus préoccupante que la moitié des amis utilisent le réseau social sur des appareils mobiles, avec des applications qui ne comportent pas de publicité et ne génèrent donc aucun revenu. Mystère, encore une fois ! Mystère amplifié par le silence prudent des analystes financiers, qui oublient, encore, une fois, de faire leur travail.
D'autres questions se posent sur la concurrence qui se fait jour de manière frontale, sur les investissements nécessaires pour conquérir de nouveaux territoires comme la Chine, où même un géant comme Google a connu des déboires, et puis sur ce qui est le plus grand défi de Facebook : garder un esprit de start-up, tout en étant la première valeur du net, et garder tous ceux qui ont fait le succès de la firme.

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