Cinq idées reçues sur le monde du travail
Le monde du travail n'est pas forcément une jungle sans pitié. Mais vous ne pouvez pas non plus compter à chaque instant sur un comportement fraternel de la part de vos collègues de bureau ou de votre entreprise. Pour parvenir au job de vos rêves, il faut aussi savoir battre en brèche quelques idées parfois bien ancrées… et croire un peu en soi ! Voici cinq idées reçues à remettre en cause pour mener votre barque.
1- Votre diplôme de départ conditionne à tout jamais votre carrière
On ne vous juge que sur votre diplôme et vous n'irez pas bien loin si vous n'êtes pas issu d'une Grande Ecole de Commerce ! Assimiler un salarié à son diplôme initial, voici un reproche souvent fait au monde du travail « version française », par comparaison à son pendant américain. Inutile de dire que si cette idée est profondément ancrée en vous, la prédiction s'auto-réalisera. Mais, pour autant que vous en ayez l'envie et l'ambition, plusieurs dispositifs vous permettent de compléter votre formation initiale au cours de votre vie professionnelle, dont le Congé individuel de formation (CIF), accessible aux salariés du privé. Il peut durer jusqu'à un an et permettre d'acquérir un niveau de qualification supérieur ou de se reconvertir. A vous aussi de convaincre votre employeur de vous confier des missions dépassant a priori votre formation. A terme, vous pourrez aussi les faire reconnaître via une Validation des acquis par l'expérience (VAE).
2- Les salariés sont établis de manière égalitaire et rationnelle
A travail égal, salaire égal : voilà un beau principe… pas toujours appliqué à la lettre. Il n'est que de voir en France les écarts salariaux persistants entre hommes et femmes exerçant le même emploi. De même, vous pourriez juger « normal » d'être moins payé que votre collègue sous le seul prétexte que son diplôme est plus prestigieux que le vôtre. En réalité, c'est peut-être simplement parce que votre collègue a mieux négocié qu'il est mieux rémunéré. A vous de faire amicalement pression sur votre employeur pour être reconnu à votre juste valeur, en axant la discussion sur vos atouts personnels : ancienneté, qualité de votre travail, implication. N'oubliez pas que, même si votre entreprise dépend d'une convention collective fixant une grille des salaires, seul le salaire minimum par fonction l'engage. Pour le maximum, tout est affaire d'offre et de demande !
3- En cas de souci, votre DRH est là pour vous aider
En revanche, aller pleurer sur l'épaule de votre DRH dans l'espoir de susciter sa compassion peut se révéler une fort mauvaise idée. N'oubliez jamais que les personnes travaillant aux ressources humaines ne sont pas à votre service mais à celui de votre employeur ! Si l'on veut être un peu cynique, disons qu'ils sont payés pour retenir et promouvoir les meilleurs éléments. Aller dire du mal de ses collègues (même lorsque c'est parfaitement justifié !) est une pratique qui a des chances de se retourner contre vous en nuisant à votre propre image. Ne prenez jamais votre DRH pour un confident !
4- On ne peut pas me licencier… je suis en arrêt-maladie !
Quand les choses se passent mal au travail, la stratégie de la fuite peut être tentante. Vous êtes en situation d'opposition chronique avec un supérieur ? Pourquoi ne pas vous mettre en arrêt-maladie ? N'oubliez pas que cette stratégie ne vous protège pas d'un licenciement, même si la procédure est très encadrée. Certes, licencier un salarié « du fait de sa maladie » est illégal, mais l'employeur peut invoquer les conséquences de votre absence prolongée sur le fonctionnement de l'entreprise pour vous remercier. Il y a toujours des problèmes au travail : les affronter en face peut s'avérer salutaire.
5- Je n'ai pas encore reçu d'avertissement, donc tout va bien !
Rien n'interdit de sympathiser avec des collègues de travail, mais il faut toujours strictement veiller à ce que la convivialité, parfois entretenue par le tutoiement, ne se transforme en familiarité. On a vu certaines carrières stoppées net sur un simple courriel d'insulte : ce qui serait un dérapage sans conséquence dans la sphère privée peut avoir des répercussions aussi immédiates que définitives dans le monde professionnel. Une erreur classique consiste à croire qu'un banal écart de langage ne justifierait qu'un simple avertissement dans un premier temps. Or, il appartient à l'employeur de sanctionner comme il l'entend le comportement répréhensible incriminé, et un licenciement disciplinaire sans avertissement préalable fait partie des options. N'oubliez pas que vous pouvez être « dans le collimateur » de votre employeur sans que cela ait été formalisé.
Emmanuel Schafroth
