Cela fait deux ans que le fiscal cliff - littéralement "falaise fiscale", en français - pointe à l'horizon mais la date butoir du 31 décembre 2012 est désormais proche.
On lit partout les analystes écrire que le fiscal cliff pourrait engendrer un tsunami dans l'économie mondiale, pourtant pas en grande forme. Mais pourquoi tout ce brouhaha apocalyptique ?
Qu'est-ce que le "fiscal cliff" ?
Ce 31 décembre, une tripotée de baisses temporaires d'impôts arrivent à expiration, au moment même où doivent entrer en vigueur des baisses automatiques de dépenses publiques : moins de contrats publics, réduction ou suppression d'allocations et autres subventions.
Avec moins d'argent public et plus de taxes, disent les analystes, le taux de croissance de l'économie américaine (et mondiale) va entrer en chute libre.
Il est prévu 607 milliards de dollars de baisses de dépenses et d'augmentations d'impôts. Au menu notamment : réduction du budget de la défense, réduction de la couverture maladie et hausse des impôts sur le revenu. Les bas salaires vont perdre des allocations familiales et des abattements d'impôt. Les chômeurs longue durée vont perdre leurs droits aux allocations.
La tension entre démocrates et républicains est maximale et chacun campe sur ses positions. Les républicains ne veulent pas qu'expirent les réductions d'impôts héritées de l'ère Bush. Ils ne veulent pas non plus baisser le budget de l'armée. Les démocrates, eux, veulent maintenir l'aide aux chômeurs et aux bas salaires, et éviter de grosses coupes dans les dépenses non-militaires.
Pourquoi le fiscal cliff représente-t-il un si grand enjeu ?
Les analystes pensent que le fiscal cliff peut faire entrer en récession l'économie américaine, qui entraînerait avec elle le reste du monde.
Ce point de vue est exagéré. La notion même de fiscal cliff laisse penser que toutes les baisses de dépenses et toutes les hausses d'impôt forment un ensemble insécable.
En réalité, la falaise fiscale s'apparente plutôt à un parcours d'obstacles, où chaque barrière peut être franchie, repoussée ou contournée.
Tout dépendra donc de la capacité des membres du Congrès à se mettre d'accord. Pour l'instant, les deux partis se regardent droit dans les yeux, et ils sont convaincus que le perdant sera le premier qui clignera des yeux.
Laurent Curau


