Le cours de l'action PSA perd plus de 46% depuis le début de l'année
L'annonce par PSA du licenciement de 8000 de ses salariés est symptomatique du mal profond qui touche les constructeurs d'automobiles de milieu de gamme en Europe.
PSA fabrique principalement des véhicules de petite et moyenne tailles. Un marché de masse, avec des marges faibles. PSA a perdu 700 millions d'euros sur les six premiers de l'année. Depuis mi-2011, le groupe "brûle" chaque mois 200 millions d'euros de trésorerie.
PSA est coincé en milieu de gamme, trop dépendant du marché européen, soit précisément là où le problème de surcapacité est le plus aigü.
Ni luxe, ni low-cost : coincé en milieu de gamme
Les constructeurs de voitures de luxe, aux marges élevées, comme Audi, BMW, Mercedes et consorts, se portent bien depuis 2 ans.
De nouveaux venus, comme Kia et Hyundai, rencontrent un franc succès avec ses modèles bon marché, fabriqués dans des usines dernier cri, en République tchèque et en Slovaquie.
Dans le même temps, les constructeurs traditionnels, comme Peugeot, mais aussi Renault, Opel, Ford, Fiat et Toyota, se sont retrouvés avec des usines vieillissantes et des salariés bien payés - et exigeants.
Incapables de concurrencer les nouveaux entrants sur les prix, et sans les puissantes marques pour attirer les clients des voitures de luxe, ces constructeurs se sont retrouvés coincés au milieu.
Trop centré sur l'Europe, en crise
Sur le segment milieu de gamme, PSA est le constructeur le plus exposé à l'Europe, où il réalise 58% de ses ventes. La demande en provenance de ses marchés-clés (la France, l'Italie et le Royaume-Uni), va diminuer de 7 à 10% cette année, prévoit Moody's.
Surcapacité
Le milieu de gamme en Europe, c'est justement là où la surcapacité de production est la plus grande en Europe.
Les usines de PSA tournent bien en-dessous de leur capacité, autour de 76% de leur potentiel.
Pas la taille critique requise
Dans un secteur où la taille compte, PSA est beaucoup trop petit.
PSA en est bien conscient. Le groupe a conclu cette année un accord avec l'américain General Motors (GM), pour que ce dernier prenne une part de 7% dans PSA, faisant de GM le deuxième actionnaire du groupe, derrière la famille Peugeot.
PSA estime que les effets de cet accord ne se feraient ressentir qu'après 2014. Cela risque fort de s'avérer trop tard.
Laurent Curau
