Depuis son pic à 702 dollars en septembre 2012, le cours du titre Apple a perdu 35%. Pourquoi une telle chute ?
Les investisseurs s'inquiètent de plusieurs choses : un taux de croissance qui décélère, des marges opérationnelles en contraction, une trop grande dépendance vis-à-vis de l'iPhone, et une concurrence de plus en plus féroce.
Croissance moins élevée qu'auparavant
Apple (NASDAQ:AAPL) est devenu la première capitalisation boursière du monde. Mécaniquement, le mastodonte ne peut plus s'offrir le luxe d'un taux de croissance de startup.
Marges en contraction
Les produits d'Apple sont haut de gamme, avec des marges de l'ordre de 38%. Si Apple ne parvient pas innover sur ses produits existants ou à créer de nouveaux produits, il pourrait être tenté de rogner sur ses marges pour rester compétitif face à des concurrents de plus en plus sérieux.
Qui plus est, s'il souhaite vendre en masse des iPhone et des iPads dans le pays émergents, Apple pourrait se trouver contrainte à baisser ses prix ou à créer des produits à prix plus bas. Cela pourrait aussi éroder les marges d'Apple.
Peur du ratage de virage technologique
Les investisseurs craignent qu'en l'absence de Steve Jobs, Apple ne rate le prochain virage technologique.
Comme on l'a vu avec Nokia et RIM, une entreprise technologique peut passer rapidement de chouchou à pestiféré. Nokia a raté le virage des smartphones, RIM a raté celui des écrans tactiles. La sanction de la Bourse est là. Depuis leurs sommets, Nokia et RIM ont vu le cours de leurs titres divisé par 8.
Les investisseurs craignent qu'Apple ne connaisse le même destin s'il n'arrive plus à innover.
Trop grande dépendance vis-à-vis d'un seul produit
Cette peur du ratage de virage technologique est renforcé par le fait que l'iPhone représente la moitié du chiffre d'affaire d'Apple. On comprend aisément que si l'iPhone ne parvenait plus à séduire de nouveaux clients ou à conduire ses adeptes à renouveler leur achat, Apple aurait de gros problèmes.
Concurrence accrue
L'iPhone et l'iPad doivent faire face à une concurrence de plus en plus féroce. Samsung en particulier s'est avéré un formidable concurrent. Il y a deux ans, Samsung ne vendait pas de smartphone. Actuellement, il en vend plus de 50 millions d'unités chaque trimestre.
Les investisseurs ont donc des motifs légitimes d'inquiétude. Mais justifient-ils un cours à 500$ ? Ce sera l'objet d'un prochain article.
Laurent Curau

