
Sur le marché des devises, appelé aussi le Forex, les principales monnaies du G5 que sont l'euro, le dollar américain, la livre sterling, le yen et le franc suisse se sont moins échangées au profit de devises exotiques, entre avril 2011 et avril 2012.
La banque américaine Citigroup s'est appuyée sur les volumes de devises publiées par la Fed de New York et par les autorités en Grande-Bretagne, à Singapour, au Japon, au Canada et en Australie, pour arriver à ce constat.
Sur les principales places boursières de Londres, New York et Tokyo, les volumes de transaction des monnaies du G5 ont chuté de respectivement 11,8%, 3,8% et 9,8%.
La baisse profite aux devises exotiques, avec en tête le dollar canadien et le dollar australien. Les transactions sur les couronnes norvégienne et suédoise sont aussi en hausse.
Cette tendance s'explique, d'une part, par l'insolente santé des économies de ces pays : le PIB suédois a cru de 5,6% en 2010 et de 4,6% en 2011; la Norvège possède l'un des taux de chômage les plus bas du monde à 3%; le gouvernement australien table sur une croissance de 3,25% en 2012, suivi de 3% pour chacune des trois années à venir. La banque centrale australienne a d'ailleurs maintenu ses taux d'intérêt à 3,5%, estimant que les indicateurs économiques restaient dans le vert.
D'autre part, les incertitudes économiques persistent dans l'Union Européenne, et l'économie américaine tarde à réellement rebondir. La FED a maintenu ses taux d'intérêt à 0,25% depuis fin 2008. Cet été la BCE a abaissé ses taux d'intérêt à 0,75%, et Mario Draghi a indiqué cette semaine que le PIB de la zone euro se contracterait de 0,6% à 0,2% en 2012.
La volonté de diversification des banques centrales des pays émergents lors de la constitution de leurs réserves de change explique également cette attention croissante portée aux devises exotiques.
