En Europe, beaucoup d'avis ont été émis sur le sort de la Grèce, mais très peu provenant de l'Allemagne. Du moins jusqu'à aujourd'hui.
Grâce à une série d'articles parus dans le journal économique allemand Handelsblatt, nous connaissons maintenant le point de vue de la tirelire de l'Europe. En clair, une sortie pure et simple de la Grèce de l'euro.
Voici ce qui attend la Grèce dans les semaine à venir, étape par étape.
1. La Grèce ne parvient pas à respecter sa promesse faite à la Troika de réduire ses dépenses de 11,5 milliards d'euros d'ici juin.
2. Les créanciers refusent le paiement de la tranche suivante de l'aide financière. La Grèce doit débourser 30 milliards d'euros d'ici la fin du mois de juin, pour payer les retraites, les traitements de ses fonctionnaires et soutenir son secteur bancaire qui bat de l'aile.
3. La Grèce ne parvient plus à rembourser les intérêts de sa dette. Sachant que parmi ses créanciers se trouvent de nombreuses banques grecques, le secteur bancaire du pays devrait probablement faire faillite.
Pour rappel, les banques grecques ont déjà été sévèrement touchées par le haircut de 80 milliards d'euros en mars dernier sur la dette de l'Etat grec, et deux banques grecques ont des fonds propres négatifs.
4. La Grèce doit porter secours à ses banques si elle veut éviter une ruée sur les guichets de ses banques (bank run). Le pays n'a pas d'autre choix que de réintroduire la drachme, vu que personne ne veut leur prêter d'argent, pas même l'Union européenne ou le Fonds monétaire international.
5. La Grèce sort de l'euro et remet en circulation la drachme. Il est difficile d'éviter une ruée sur les banques. Le gouvernement se voit obligé de faire fermer les guichets des banques (pendant une semaine environ) pour éviter une panique. Même avec un contrôle des changes, le processus est techniquement difficile à mettre en place.
Les épargnants grecs se voient alors contraints de rembourser leurs emprunts, libellés en euros, avec des drachmes dévalués de 50%.
A court terme, la compétitivité du pays s'améliorerait, mais les problèmes structurels de productivité subsisteraient.
Dans l'euro, ou hors de l'euro, triste sort que celui de la Grèce.

