Tout le monde le sait, la France souffre d'un manque de compétitivité. Le journal britannique The Economist a enfoncé le clou cette semaine, avec un dossier spécial de 14 pages sur la France, et une couverture explosive : "La bombe à retardement au coeur de l'Europe".
C'est l'occasion de faire un petit diagnostic, avec l'aide de quelques graphes. En voici cinq pour illustrer le cercle vicieux dans lequel se trouvent enfermées les entreprises françaises.
Depuis les années 2000, le coût du travail en France est en hausse, alors qu'il baisse en Allemagne :
GRAPHE : Coût salarial unitaire en France et Allemagne (Q1 2002 = 100)

Les charges sociales pesant sur les salariés et les employeurs sont parmi les plus élevées du monde :
Les produits français de moins en moins compétitifs sur les marchés étrangers :
Source : COE Rexecode
Pour rester dans le coup, les entreprises françaises rognent leurs marges :
GRAPHE : Taux de marge des entreprises françaises et allemandes
Source : Natixis CIB
Les marges bénéficiaires des entreprises françaises se sont réduites. En 2011, les marges des entreprises hors-CAC40 sont au plus depuis 25 ans.
La faiblesse des marges nuit à l'investissement en R&D :
GRAPHE : Dépenses de R&D selon l'entité qui dépense, en part du PIB
Source: OCDE, Royal Swedish Academy of Engineering Sciences
Moins de R&D signifie que les produits français perdent leurs avantages concurrentiels sur le haut de gamme.
Sur le bas de gamme, où la concurrence se fait sur les prix, les produits français sont incapables de concurrencer le low cost des entreprises d'Europe centrale et d'Asie.
Ni bon marché, ni hi-tech, les produits français se retrouvent coincés dans le milieu de gamme, où la concurrence chinoise et coréenne fait de plus en plus rage.
Pour rester dans le coup, les entreprises françaises délocalisent leur production ou rognent sur leurs marges. La boucle est bouclée.
Laurent Curau





