Les taux de chômage des 15-24 ans en Grèce et au Portugal sont déjà bien moches, à 30,7% et 46,6% respectivement. Mais certains seront surpris d'apprendre que c'est en Espagne que le mal est le plus aigü. A 51,4%, plus d'un jeune actif sur deux n'a pas d'emploi !
Le graphique le plus effrayant de la crise économique actuelle n'est pas celui de l'évolution du PIB, ni celui des taux d'emprunt grecs.
Non, c'est sûrement celui-ci :
Le chômage des jeunes n'est pas plus tragique que le chômage pris dans son ensemble, mais il a une conséquence plus lourde sur l'économie.
Quand des millions d'actifs plus âgés perdent leur travail, ils réduisent un peu leurs dépenses et puisent dans leur épargne.
Mais quand ce sont des jeunes, sur le point de démarrer leur vie professionnelle, qui ne trouvent pas de travail, ils ne dépensent rien, et il n'ont pas d'épargne dans laquelle puiser.
C'est une perte sèche pour l'économie d'aujourd'hui, par la production perdue, la consommation zéro et l'agitation sociale. Et surtout pour demain, avec une atrophie des qualifications au sein de la génération censée être le fer de lance de l'économie.


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