
La vague de chaleur aux Etats-Unis et en Europe centrale provoque de fortes tensions sur les marchés des matières premières agricoles.
Les Etats-Unis subissent actuellement une sécheresse inédite avec des températures très élevées, proches des 40°C dans le Midwest américain, région où se trouve l'essentiel des cultures de maïs au monde.
Le maïs est la première céréale au monde, et l'évolution de son cours donne le ton pour les autres matières premières agricoles. Les Etats-Unis produisent 45% du maïs mondial, devant l'Ukraine, avec 15%, et l'Argentine avec 14% (USDA).
Le blé, l'autre matière première agricole de référence, a la particularité d'être interchangeable avec le maïs, c'est-à-dire que dans le cadre d'un déficit de maïs, comme c'est le cas actuellement, la demande va se tourner du maïs vers le blé.
Pour le blé également, les Etats-Unis sont le premier exportateur devant les pays de la mer noire : Russie, Ukraine et Kazakhstan. Mais la sécheresse et le déficit d'eau s'imposent également dans ces pays, réduisant de jour en jour les potentiels de production. Agritel, société de conseil en gestion des risques du marché des matières premières agricoles, estime que le manque de production sera au total de 29 millions de tonnes de blé par rapport à 2011 sur ces trois pays.
Les cours du blé et du maïs sont en forte hausse
Nous avons assisté ces dernières semaines à de fortes tensions sur les marchés, avec des hausses de 50% des cours à Chicago, première Bourse mondiale de matières premières agricoles. Cette tendance se répercute sur le marché européen avec des progression de 24 €/t pour le blé et de 22 €/t pour le maïs, en l'espace de quelques semaines.
Depuis début juillet, nous assistons à un retour de la volatilité : 25,6% pour le blé et 19,3% pour le maïs au 1er juillet 2012. Une volatilité qui est amenée à devenir structurellement élevée, selon Agritel.
En effet, il existe de plus en plus d'intervenants sur les matières premières agricoles, qui sont devenues un placement alternatif dans lequel il est possible d'investir par l'intermédiaire de futures, CDF, trackers et OPCVM.
Grâce aux stocks mondiaux de blés et de maïs accumulés, nous ne sommes pas dans la situation de l'été 2008 où des émeutes de la faim avaient éclaté dans les pays les plus pauvres par manque de denrées alimentaires. Mais les semaines à venir seront décisives.
