En moins de cinq ans, le portefeuille boursier de l'État a perdu près de 71%.
Selon les chiffres de l'Agence des Participations de l'État, le portefeuille boursier de l'État est passé de 200 milliards d'euros fin décembre 2007 à 57 milliards d'euros fin avril 2012, soit une baisse d'environ 71% en un peu moins de cinq ans.
Sur la même période, le CAC 40 est passé de plus de 5 600 points à un peu plus de 3 200 points soit une perte de 43%.
Le portefeuille de valeurs mobilières de l'État a donc très nettement sous-performé l'indice vedette de Paris. Cette contre-performance est d'autant plus étonnante que le portefeuille de l'État français est fortement investi sur les valeurs du CAC 40. La moitié des 12 principaux titres du portefeuille fait partie du CAC 40.
Au 30 avril 2012, la composition du portefeuille boursier de l'État est la suivante :
- Aéroports de Paris avec une participation de 52,13% pour une valeur de 3,28 milliards d'euros
- Air France KLM avec une participation de 15,88% pour une valeur de 173 millions d'euros
- Areva avec une participation de 10,17% pour une valeur de 516 millions d'euros
- CNP Assurances avec une participation de 1,09% pour une valeur de 69 millions d'euros
- Dexia avec une participation de 5,73% pour une valeur de 21 millions d'euros
- EADS avec une participation de 14,96% pour une valeur de 3,66 milliards d'euros
- EDF avec une participation de 84,44% pour une valeur de 24,96 milliards d'euros
- France Télécom avec une participation de 13,45% pour une valeur de 3,68 milliards d'euros
- GDF SUEZ avec une participation de 36,01% pour une valeur de 14,11 milliards d'euros
- Renault avec une participation de 15,01% pour une valeur de 1,52 milliards d'euros
- Safran avec une participation de 30,20% pour une valeur de 3,53 milliards d'euros
- Thalès avec une participation de 27,08% pour une valeur de 1,43 milliards d'euros
L'État français est positionné sur des secteurs qui ont beaucoup souffert de la crise : transport aérien, finance ou services aux collectivités. Sur les autres secteurs, des sociétés comme Renault ou France Telecom sont en perte de vitesse face à Volkswagen ou Iliad (maison mère de Free).
De plus, l'État a fait le dos rond durant la crise puisqu'il n'a réalisé aucune vente depuis 2007. Face à la baisse des marchés, l'État n'a pas suivi l'adage boursier "mieux vaut se couper une main qu'un bras". Mais la dette publique de la France qui devrait dépasser les 90% du PIB cette année risque d'obliger l'État à vendre...Au plus mauvais moment ?
Louis Yang
