Facebook s'est introduite le vendredi 18 mai sur le Nasdaq, à 38$ l'action, valorisant l'entreprise 100 milliards de dollars. A ce prix-là, investir dans Facebook est un énorme pari sur l'avenir. Voici quelques raisons de rester à l'écart.
Une valorisation délirante
A 100 milliards de dollars, la valorisation de Facebook est tout simplement délirante. Cela met Facebook juste derrière McDonald's (101 milliards de dollars). Il a fallu de très nombreuses années à McDonald's pour atteindre cette capitalisation. Facebook n'existe que depuis 2004.
Dans un périmètre plus proche, Google a une capitalisation boursière de 200 milliards de dollars, soit 20 fois ses bénéfices 2011. A 100 milliards de dollars, Facebook est valorisé 100 fois ses bénéfices 2011. Vous avez fait le calcul, Facebook est donc 5 fois plus cher que Google qui a, elle, une belle franchise, un historique et, surtout, un modèle économique prouvé.
A 100 milliards, le bénéfice de Facebook doit augmenter de 40% par an pendant 5 ans. Pas impossible, mais extrêmement optimiste.
Un revenu moyen par utilisateur très inférieur à celui de ses concurrents
Si l'on jette un oeil au coût pour mille impressions (CPM), Facebook gagne 22 cents, alors que la moyenne du secteur est de 50 cents. Son rival Google, lui, gagne entre 2 et 4 dollars pour 1000 impressions.
Un coût d'acquisition de nouveaux utilisateurs en hausse
Facebook paie de plus en cher l'acquisition de nouveaux utilisateurs. En 2011, voici le taux de croissance annuel de différents postes :
- Bénéfices : +71%
- Coûts marketing / ventes : +132%
- Coûts opérationnels : +107%
En 2011, les frais opérationnels de Facebook ont donc grimpé plus vite que le bénéfice. Pas une bonne tendance pour une entreprise qui vend de la croissance future à ses investisseurs.
Des sources de revenus trop peu diversifiés
85% du chiffre d'affaire de Facebook provient de la publicité. Plus inquiétant encore, l'éditeur de jeux sociaux en ligne Zynga, qui propose ses jeux sur Facebook, représente à lui seul 12% du chiffre d'affaire (444 millions de dollars) de Facebook. Et Zynga a déjà des velléités d'indépendance ; il vient de lancer son propre réseau social.
Un modèle économique très exposé au risque juridique
Facebook est sujet à l'évolution de la législation américaine et étrangère sur le respect de la vie privée et l'utilisation des données des utilisateurs. Quand on sait que tout le modèle économique de Facebook repose sur l'exploitation de ces données, il y a matière à inquiétude.

