A 470$ le titre, Apple vaut seulement 7 fois ses bénéfices hors cash, soit bien moins que tous ses concurrents. Pourtant, les fondamentaux restent solides et les perspectives de croissance demeurent. Le récent massacre du cours ne paraît donc pas justifié.
Cours d'Apple (NASDAQ : AAPL)
Les investisseurs ont été déçus par les résultats financiers d'Apple pour le compte du dernier trimestre 2012. Le titre a perdu 12% suite à cela (lire mon précédent article Pourquoi le titre Apple a-t-il autant baissé ?). Certains investisseurs sont entrés en mode panique.
A l'heure où j'écris ces lignes, le titre Apple s'échange autour de 470$. Ce cours est-il justifié ? Pour tenter de répondre à cette question, étudions la capacité d'Apple à générer du cash, puis comparons-la à ses pairs.
Le PER est un indicateur grossier. Dans le cas d'Apple et sa montagne de cash et ses zéro dettes, il ne signifie pas grand chose, surtout si l'on souhaite faire des comparaisons. Nous lui préférerons donc le ratio valeur d'entreprise / free cash flow.
Avant toute chose, rappelons quelques définitions :
Trésorerie nette : le montant de la trésorerie, net de dette.
Free cash flow (FCF) : flux de cash générés par les opérations de l'entreprise net des investissements nécessaires à l'activité (typiquement le renouvellement et l'entretien des machines).
Valeur d'entreprise (VE) : la valeur d'entreprise est le prix qu'il faudrait payer pour acquérir une société. Pour la calculer, on prend la capitalisation boursière, on en retranche la trésorerie nette, puis on ajoute les dettes. Car si vous rachetez une entreprise dans sa totalité, vous devez en effet racheter toutes ses actions et rembourser ses créanciers. Et en bonus, vous obtenez l'argent que l'entreprise a déjà en trésorerie.
Par conséquent, le ratio VE/FCF donne le nombre d'années de flux de trésorerie nécessaire à l'investisseur pour amortir son acquisition. Le ratio VE/FCF donne donc une précieuse indication de la cherté de l'entreprise, au regard de sa capacité à générer du cash.
Voyons donc à présent les chiffres pour Apple :
- Market cap : 439Mds$
- Cash & investments : 137Mds$
- VE : 302Mds$
- FCF 2012 : 40Mds$
- VE/FCF : 7,5
A 470$ le titre, il faut 7 ans et demi pour amortir son investissement dans Apple, un chiffre voisin de celui pour HP, dont le chiffre d'affaire baisse depuis quelques années. En clair, les investisseurs anticipent pour Apple une stagnation, voire une chute, de son chiffre d'affaire et de son cash flow.
Difficile à imaginer. Apple est positionnée sur deux marchés en forte croissance (smartphones et tablettes). Même si Samsung progresse, le marché est loin d'être saturé. Les ventes de smartphones représentent encore seulement 45% des mobiles vendus dans le monde, et le marché des tablettes est encore jeune. Apple a donc encore des réserves de croissance pour encore trois à cinq ans. Et ça, c'est sans compter sur les nouvelles opportunités, comme la TV connectée, par exemple.
Avec une très belle marque, des clients fidèles, un énorme réseau de distribution, un éco-système séduisant, une R&D efficace et une colossale trésorerie, Apple dispose des armes pour combattre une concurrence de plus en plus sérieuse.
Laurent Curau
