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    La valeur du jour à Paris - SAINT-GOBAIN pénalisé par la crise

    COURS LIÉS

    SymboleCoursVariation
    SGO.AS31,66-0,88
    ^FCHI3 959,06-92,05
    ^REURUSD1 447,86
    TRI.TO36,210,34


    (AOF) - Saint-Gobain (-10,25% à 24,66 euros) est lourdement sanctionné à la Bourse de Paris, signant la plus forte baisse du CAC 40 (Paris: ^FCHI - actualité) après une publication semestrielle décevante et l'annonce d'un nouveau plan d'actions visant à économiser 750 millions d'euros pour faire face à la dégradation de la conjoncture. Le leader mondial des produits pour l'habitat a subi l'impact de la dégradation de la conjoncture économique en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) occidentale.

    Au premier semestre, le groupe a vu son résultat net plonger de 34% à 506 millions d'euros, inférieur aux attentes (700 millions) tandis que le résultat d'exploitation est ressorti à 1,51 milliard d'euros contre 1,54 million attendu par le consensus Thomson Reuters (Toronto: TRI.TO - actualité) . Sur la période, le chiffre d'affaires atteint 21,6 milliards d'euros, en croissance de 3,4% et conforme aux attentes.

    Sans attendre, le groupe industriel a donc lancé un plan d'économies de 750 millions d'euros dont 150 millions sur les achats, 120 millions sur les frais généraux et le reste (soit 480 millions d'euros) en jouant sur la rentabilité opérationnelle. Ce nouveau programme d'économies doit lui permettre de gagner 500 millions dès cette année par rapport à 2011. En parallèle, le groupe prévoit aussi de réduire ses investissements industriels et financiers de respectivement 200 millions et 350 millions au second semestre.

    Mais le PDG du groupe, Pierre-André de Chalendar prévient : ® Il n'y a pas de fermetures de sites en France actuellement ¯ alors que le groupe emploie actuellement près de 200 000 personnes dans le monde dont 50 000 en France.

    Dans ce contexte, le groupe vise désormais une ® hausse mesurée ¯ de ses prix de vente, une baisse contenue de ses volumes et un résultat d'exploitation du second semestre en ® baisse modérée ¯.

    Dans le sillage de cette publication, UBS (NYSEArca: DJCI - actualité) a placé sa recommandation Achat et son objectif de cours à 37 euros sous revue compte tenu du profit warning annoncé par Saint-Gobain.



    AOF - EN SAVOIR PLUS


    - La thématique de l'efficacité énergétique des bƒtiments est porteuse en France (27% du CA du groupe) et devrait rester un sujet important du prochain quinquennat quel que soit le gagnant de l'élection présidentielle ;
    - Le groupe fait également du solaire un axe de développement majeur ;
    - La branche Distribution Bƒtiment (45% du CA) bénéficie de l'enracinement local de ses implantations, ce qui lui procure une connaissance des besoins de ses clients sans équivalent et un fort pouvoir de négociation avec ses fournisseurs ;
    - Dans un contexte d'inflation des coûts, Saint-Gobain dispose d'une forte capacité à répercuter la hausse des coûts dans ses prix de vente.

    Les points faibles de la valeur
    - Les inquiétudes sur la croissance économique dans les pays matures pèsent directement sur une valeur cyclique comme Saint-Gobain qui réalise près de 80% de son activité dans le secteur de la Construction ;
    - Qui plus est, l'Europe représente encore plus de 70% du chiffre d'affaires du groupe, ce qui est interprété actuellement comme un point faible. Mais le groupe ne réalise que 5% de son chiffre d'affaires en Europe du Sud et est bien positionné sur les pays européens en croissance (20% du CA en Allemagne et Scandinavie) ;
    - La part de l'activité dans les pays émergents n'est pas encore suffisante ;
    - La valeur affiche toujours une décote par rapport à ses pairs ;

    Comment suivre la valeur
    - Le cours de l'action est corrélé aux données macroéconomiques car Saint-Gobain exerce une activité cyclique ;
    - La conjoncture du secteur du BTP, à travers notamment l'évolution des mises en chantier et des permis de construire, est à surveiller de près ;
    - Les cours des matières premières influent sur les performances du groupe ;
    - Le groupe souhaite réaliser de petites opérations dans les pays émergents, l'efficacité énergétique ou le solaire ;
    - Le plan stratégique 2011-2015 et les objectifs de croissance qui y sont attachés pourraient réduire la décote du titre et entraîner une revalorisation boursière. Le groupe souhaite conquérir un statut de valeur de croissance ;
    - Saint Gobain (Euronext: SGO.NX - actualité) projette toujours la scission de Verallia, activité conditionnement, afin de poursuivre son recentrage et son désendettement. Mais l'introduction en Bourse a été reportée en juin 2011 en raison des conditions de marché ;
    - Le marché s'interroge régulièrement sur les intentions de Wendel (Munich: 850709 - actualité) , l'actionnaire de référence. Mais les analystes estiment que Wendel attendra probablement de connaître les effets du nouveau plan stratégique avant un éventuel mouvement.

    LE SECTEUR DE LA VALEUR

    Construction - Matériaux
    La plupart des analystes financiers sont prudents sur le secteur et estiment que 2012 devrait être une année difficile. Si les volumes du marché mondial (hors Chine) devraient croître de 3,5%, les augmentations de prix sont jugées insuffisantes pour compenser la hausse des coûts de production. En revanche, malgré les difficultés anticipées de la construction en Europe du fait d'un climat économique morose, Fitch considère que les perspectives de crédit sont stables pour le secteur des matériaux de construction. Les entreprises bénéficient de bilans assainis, avec des niveaux de trésorerie élevés et un risque de refinancement limité. L'agence anticipe que cette année, les difficultés devraient être semblables à celles de 2011, avec une faible croissance de la demande et des marges en retrait. Les volumes ne devraient que faiblement croître sur les marchés matures. Ils pourraient même régresser dans certaines régions. La demande sera plus dynamique sur les marchés émergents, mais certains marchés (comme l'Inde) pƒtiront de surcapacités et d'une hausse des coûts.