(AOF) - Renault (Milan: RNO.MI - actualité) (+5,31% à 32,215 euros) enregistre la plus forte hausse du CAC 40 (Paris: ^FCHI - actualité) au sein d'un secteur automobile qui rebondit après avoir connu une semaine dernière difficile. La firme au losange bénéficie aujourd'hui du soutien de deux bureaux d'études : UBS (NYSEArca: DJCI - actualité) l'a intégrée dans sa liste de valeurs préférées tandis que Morgan Stanley (EUREX: DWDF.EX - actualité) a réitéré son objectif de cours à 60 euros. Selon ce dernier, l'action possède donc un potentiel de hausse de 90% ! Renault (Other OTC: RNSDF.PK - actualité) figure également en tant que valeur préférée de l'analyste dans le secteur, estimant que sa valorisation est la plus faible.
Morgan Stanley explique que le marché ne prête pas assez attention à la transformation en cours chez Renault, dont 40% de la production de voiture portera sur l'entrée de gamme d'ici 2014. Par ailleurs, seulement 20% des voitures seront fabriquées en France. Il précise que Dacia n'est pas seulement fondamental pour la stratégie de croissance du constructeur dans les pays émergents, mais aussi un des piliers des bénéfices du groupe avec Nissan et RCI Banque. Dacia pourrait ainsi contribuer à hauteur d'1 milliard d'euros au résultat opérationnel du groupe d'ici 2013.
Pour la banque suisse, dont l'objectif de cours est de 55 euros, l'action Renault devrait s'échanger avec une décote de 20 à 25% par rapport à son actif net réévalué contre 43% actuellement. Après des années de stagnation, le broker s'attend à ce que le constructeur français affiche une croissance supérieure à celle du marché. Il met également en avant le fait que Renault a réduit sa dépendance à l'Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) tant au niveau des ventes que de la production, ce qui a amélioré ses perspectives de croissance et de compétitivité industrielle.
AOF - EN SAVOIR PLUS
- Renault se positionne dans les pays asiatiques. Il va doubler ses capacités de production en Corée du sud au travers de sa filiale Renault Samsung Motors. Le marché automobile coréen est très prometteur ;
- La cession en octobre 2010 de plus de la moitié de la participation dans Volvo AB (Dusseldorf: 613304.DU - actualité) a été bien accueillie. Cette opération permet à Renault de réduire son endettement et au marché de revaloriser les autres participations du groupe (44% dans Nissan et 25% dans le Russe AvotVaz).
Les points faibles de la valeur
- Le faux scandale d'espionnage industriel, qui a révélé que les cadres mis en cause dans cette affaire avaient été licenciés sans preuve, a terni l'image de la direction ;
- La démission, suite à cette affaire, de Patrick Pélata, numéro 2 du groupe et l'un des artisans du plan stratégique à 3 ans ® Drive the change ¯ dévoilé en février 2011, est un coup dur pour le constructeur ;
- L'absence de nouveaux modèles en 2011 pèse sur les performances en Europe, notamment en France ;
- Renault, partenaire de Nissan, est l'un des groupes français qui risque d'être le plus directement impacté par le drame japonais ;
- Le projet de voitures électriques est un pari audacieux qui contraste avec l'approche prudente des autres constructeurs. Le groupe y a investi 4 milliards d'euros avec l'objectif de vendre 1,5 million d'unités 100% électriques d'ici 2016.
Comment suivre la valeur
- Les performances du groupe sont étroitement liées aux évolutions du marché automobile européen, et donc à la conjoncture économique. Renault est une valeur cyclique ;
- La gamme de Renault devrait être plus fournie à partir de 2012 avec plusieurs lancements prévus ;
- La principale priorité du constructeur est d'atteindre un free cash flow positif avec une augmentation des parts de marché dans ses principaux marchés ;
- Le nouveau numéro 2 du groupe, Carlos Tavares, devra notamment s'assurer du bon déroulement du plan ® Drive the change ¯ qui peut constituer un catalyseur pour la valeur ;
- Sur le long terme, le projet de voitures électriques et l'élargissement de l'alliance Nissan-Renault seront les catalyseurs du titre. Le constructeur ambitionne de devenir leader sur le segment des véhicules n'émettant pas de COý. Le groupe développe avec Nissan un projet de voitures électriques. En sautant l'étape de l'hybride pour passer directement au tout-électrique, Renault veut prendre de court ses concurrents ;
- Renault n'exclut pas de renforcer sa participation dans le Russe AvotVaz ;
- Le programme de cessions immobilières est à suivre car il aura un impact sur la flexibilité financière du groupe.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Automobiles (Euronext: SAU.NX - actualité) - Constructeurs
Le marché automobile mondial est soumis à de nombreuses alliances, que ce soit entre Daimler (Xetra: 710000 - actualité) et Chrysler, Renault et Volvo, ou Ford (NYSE: F - actualité) et Mazda. Le mariage entre Renault et Nissan a constitué l'une des plus grandes alliances du secteur. Renault détient 43,4% de Nissan et ce dernier détient 15% du groupe français. Dans le cas de Fiat (Milan: F.MI - actualité) et Chrysler, le constructeur italien possède 58,5% du constructeur américain. L'étape suivante devrait être une fusion. Après avoir multiplié les coopérations techniques simples, PSA Peugeot Citro?n va voir le premier constructeur automobile mondial, General Motors (NYSE: GM - actualité) (GM), entrer à hauteur de 7% dans son capital. GM deviendra ainsi le deuxième actionnaire principal du groupe français, après la famille, qui détient aujourd'hui 30% des actions et 46% des droits de vote. Sur le plan opérationnel, des synergies importantes sont attendues, mais pas avant un certain temps. Les deux industriels cherchent à partager leurs plates-formes de véhicules, de composants et de modules, et souhaitent créer une société commune, destinée aux achats, pour réaliser des économies d'échelle.
La Bourse de Tokyo a fini en hausse de 0,13% mardi, à un nouveau plus haut de cinq ans et demi, après avoir effacé …

