(AOF) - En hausse de 2,8% à 53,9 euros, Danone (Milan: DNN.MI - actualité) affiche la plus forte hausse du CAC 40 (Paris: ^FCHI - actualité) dans un marché déprimé. Les investisseurs sont rassurés : le groupe français ne déboursera pas 11 milliards de dollars pour s'emparer de Pfizer Nutrition. Au terme de deux mois de tractations ; le géant pharmaceutique américain a préféré faire affaire avec Nestlé, qui proposait un prix plus élevé : 11,85 milliards de dollars. L'opération aurait permis à Danone de renforcer sa présence sur les marchés émergents. Mais la transaction aurait également coûté cher, trop cher même au vue de la réaction du marché.
A Zurich, l'action Nestlé chute d'ailleurs de 3,33% à 55,20 francs suisses, enregistrant la plus forte baisse du SMI (Berlin: EA2B.BE - actualité) .
Les investisseurs helvètes sanctionnent l'annonce ce matin de la signature d'un accord avec Pfizer (BSE: PFIZERSL.BO - actualité) pour le rachat de Pfizer Nutrition. Le groupe agroalimentaire suisse va verser 11,85 milliards de dollars, exclusivement en cash, pour acquérir des marques aussi connues que S-26 Gold, SMA ou encore Promil. ® La nutrition infantile est au coeur de notre entreprise depuis sa fondation en 1866. Pfizer Nutrition est une excellente combinaison stratégique et cette acquisition souligne notre engagement à être la première entreprise mondiale de nutrition, de santé et de bien-être ¯, a souligné Paul Bulcke, administrateur délégué de Nestlé.
D'un point de vue économique, l'opération devrait contribuer de manière positive au modèle du groupe, à la fois pour la croissance et les marges, de même que pour le bénéfice par action du groupe dans la première année complète.
Selon Nestlé, la branche a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,4 milliards de dollars, dont 85% dans les pays émergents.
Pour Pfizer, l'opération est d'ores et déjà bénéfique puisque elle permettra de générer d'importantes plus-values pour ses actionnaires.
L'acquisition, qui devrait être finalisée au premier semestre 2013, reste sujette aux approbations réglementaires. A cet égard, certains analystes pensent que Nestlé pourrait céder 20 à 40% des ventes de la branche pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.
AOF - EN SAVOIR PLUS
- Danone dégage une croissance interne structurellement supérieure à celle de ses pairs ;
- L'un des atouts de Danone réside dans sa capacité d'adaptation très rapide grƒce notamment à une structure très décentralisée et la forte culture entrepreneuriale des équipes locales.
Les points faibles de la valeur
- La concurrence des MDD (marques de distributeurs) est forte ;
- Les tendances de consommation en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) restent incertaines. La France et l'Espagne représentent encore 20% des ventes du groupe ;
- Danone subit également un ralentissement de la croissance de ses produits laitiers sur ses deux marchés clés que sont les Etats-Unis et la Russie ;
- Les prévisions du groupe sont souvent jugées trop conservatrices et peuvent être source de déception ;
- Les difficultés structurelles du pôle Eaux (16% du chiffre d'affaires) se poursuivent ;
- Le groupe a essuyé plusieurs échecs ces derniers temps sur les produits laitiers orientés ® santé ¯ ;
- La concurrence s'intensifie dans les pays émergents : les partenaires de Danone dans ces zones développent progressivement leur propre activité et des marques locales sur leur marché domestique mais également à l'étranger.
Comment suivre la valeur
- Danone est considérée comme une valeur défensive du fait de son activité ;
- Le groupe n'exclut pas des acquisitions de taille modeste dans les divisions médicale, nutrition infantile, ou produits laitiers pour dynamiser sa croissance, notamment dans les pays émergents ;
- Avec un flottant de plus de 70% et en l'absence d'un actionnaire de référence, le groupe est potentiellement opéable et présente donc un intérêt spéculatif en Bourse dans un secteur en pleine consolidation ;
- Les rumeurs de cession de son pôle Eaux, dont font partie Evian et Badoit, sont récurrentes ;
- Les ambitions des américains Pepsi et GMills dans les produits laitiers sont à suivre.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Agroalimentaire
Le marché des ®alicaments¯, ces aliments qui soignent, est un enjeu crucial. Il constitue encore un marché de niche, avec des ventes mondiales limitées à 6,8 MdEUR. Toutefois, ces ventes devraient être supérieures à 8 MdEUR dès 2013. D'après le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, le secteur est dominé par un géant de la pharmacie, l'Américain Abbott, avec 21% de parts de marché. Il se situe juste devant Nestlé (20%) et Nutricia (20%). Nestlé vient de se doter d'un institut de recherche dédié aux seuls alicaments, avec un budget de 415 MEUR. Son concurrent, PepsiCo (Euronext: PEP.NX - actualité) , a inauguré en 2010 un institut de recherche sur la nutrition. Quant à Danone, il a racheté le spécialiste néerlandais de l'alimentation clinique Nutricia, le Britannique Complan et l'Américain Medical Nutrition. Les géants de l'agroalimentaire ne sont pas les seuls à être actifs sur ce créneau. Le laboratoire Pfizer a repris le fabricant danois de vitamines Ferrosan. Sanofi (Paris: FR0000120578 - actualité) a acquis il y a trois ans le leader français des compléments alimentaires, Oenobiol. L'Institut Mérieux a, lui, ouvert une filiale baptisée ®Mérieux NutriSciences¯.
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