(AOF) - Crédit Agricole (Paris: FR0000045072 - actualité) (+8,01% à 3,749 euros) affiche la plus forte hausse de l'indice CAC 40 (Paris: ^FCHI - actualité) sur fonds de spéculation portant sur la cession de sa filiale grecque, Emporiki, à l'origine d'importantes pertes ces dernières années. Citant des sources bancaires, le Financial Times affirme que la banque française a reçu des marques d'intérêt de trois établissements grecs : National Bank of Greece (NYSE: NBG-PA - actualité) , Alpha Bank (Athens: ALPHA.AT - actualité) et Eurobank EFG. Ils se sont dits prêts à présenter une offre s'ils recevaient l'autorisation du Fonds hellénique de stabilité financière, le fonds de secours du secteur.
Selon une de ces deux sources, Crédit Agricole a invité les banques locales à faire une offre sur la majorité du capital d'Emporiki en début juin, au moment où les craintes s'intensifiaient d'une ruée des déposants aux guichets des banques pour retirer leur argent.
La banque française n'a pas souhaité faire de commentaires. Dans une notification aux autorités boursières rapportée par Reuters, le plus important établissement du pays, National Bank of Greece, a révélé l'existence de discussions avec la direction du Crédit Agricole concernant la possibilité de futures alliances stratégiques. Ces discussions ne seraient toutefois qu'en phase initiale.
Au premier trimestre, Emporiki avait encore amputé les résultats de la banque verte de 567 millions d'euros après avoir perdu 1,66 milliard d'euros en 2011 et 1,2 milliard d'euros en 2010. Crédit Agricole reste par ailleurs exposé à sa filiale grecque à travers les 4,6 milliards d'euros de prêts qu'elle lui a accordés.
AOF - EN SAVOIR PLUS
Les points faibles de la valeur
- Le titre de la banque reste des plus volatils en Bourse à l'image de l'ensemble du secteur financier. Les craintes de défaut d'un ou plusieurs pays périphériques européens, Grèce en tête, alimentent cette volatilité ;
- CASA est l'une des banques françaises les plus exposées à l'Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) du Sud, et plus spécifiquement à la crise grecque, à travers sa filiale Emporiki, dont elle détient 86,5% du capital. Cette filiale a déjà coûté 6,6 milliards d'euros au groupe et pourrait lui coûter encore 5 milliards d'euros de plus. Ce dossier est extrêmement compliqué à gérer, surtout en cas de sortie de la Grèce de la zone euro.
- La banque est également exposée au risque de contagion de la crise grecque au Portugal, de par sa participation de 23,9% (directe et indirecte) dans Banco Espirito Santo, troisième banque portugaise ;
- L'environnement de taux bas pèse sur les activités de banque de détail, plus précisément sur les marges sur dépôt.
- Depuis le départ de la précédente direction, les Caisses Régionales ont repris le pouvoir au sein de la filiale cotée. Les analystes estiment que ce mode de gouvernance ne permet pas de prendre des décisions rapides comme cela qui doit souvent être le cas dans une telle période de crise ;
- Plus généralement, les interactions entre l'entité cotée CASA et le groupe Crédit Agricole restent complexes et difficile à appréhender pour un investisseur.
Comment suivre la valeur
- Les valeurs bancaires sont considérées comme des titres ® value ¯ depuis les effets de la crise financière ;
- Les deux opérations de LTRO à 3 ans initiées par la BCE (fin décembre 2011 et fin février 2012) ont diminué fortement le niveau de crainte sur le secteur bancaire ;
- Il est urgent pour le groupe de ne plus donner l'impression d'un ® pilotage à vue ¯ sur le dossier grec. L'arrivée de Xavier Musca, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République et ancien Directeur Général du Trésor, comme Directeur Général Adjoint de la société, en charge du pôle de la banque de proximité à l'international, du pôle de gestion d'actifs et du pôle Assurances est un grand atout pour CASA. Il a été, auprès de la précédente Présidence de la République, au coeur de toutes les problématiques de la crise européenne. De ce point de vue, son expérience à la fois technique et politique sera plus qu'utile pour sortir la banque du bourbier grec.
- Le retour sur fonds propres (ROE), qui mesure la rentabilité des banques, est l'un des ratios clé du secteur ;
- En tant que valeur financière le titre est influencé par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt dont l'évolution dépend des politiques monétaires (notamment des banques centrales européenne et américaine), (ii) l'état des Bourses mondiales qui influencera ses activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages qui influeront sur les performances de la banque de détail ;
- Le coût du risque reste à surveiller ;
- Surveiller également la mise en place du dispositif de ® Bƒle III ¯ qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises. Le Comité exige que les établissements financiers affichent d'ici au 1er janvier 2019 un ratio de solvabilité Tier 1 (le noyau dur des capitaux propres des institutions financières) d'au moins 4,5%, contre 2% jusque-là. Un matelas supplémentaire de 2,5% est également exigé. Ce qui porte le pourcentage total à 7%.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Finance - Banques
La crise de la dette fait peser une vraie menace sur le secteur bancaire. 2012 est une année marquée par le renforcement de la réglementation et les incertitudes conjoncturelles. L'agence de notation Moody's a annoncé qu'elle pourrait abaisser les notes de dix-sept grandes banques internationales et de cent-quatorze institutions financières européennes, pour tenir compte de l'impact de la crise de la dette souveraine sur le système financier. Ce sont les établissements actifs sur les activités de marché qui sont les premiers concernés par ces dégradations, du fait notamment de conditions de financement plus difficiles. Neuf banques visées par ces dégradations sont européennes, car elles ont été particulièrement touchées par la crise de la zone euro. Si les notes de BNP Paribas (Other OTC: BNPQF.PK - actualité) , Crédit Agricole, Deutsche Bank (Xetra: 514000 - actualité) , HSBC (London: HSBA.L - actualité) et Barclays (London: BARC.L - actualité) pourraient être révisées de deux crans, celles de Credit Suisse (NYSEArca: CSMA - actualité) , UBS (NYSEArca: DJCI - actualité) et Morgan Stanley (EUREX: DWDF.EX - actualité) pourraient même être abaissées de trois degrés.
Le plan de soutien à l'économie de la Réserve fédérale contribue à la reprise et la banque centrale attendra de …

