Ben Bernanke, le président de la Fed, s'exprime ce jour devant le Comité budgétaire de la Chambre US des représentants. Bernanke estime que depuis 2010, l'économie américaine a connu une reprise graduelle après la récente et profonde récession. Le rythme de la recovery économique demeure cependant lent, admet le leader de la Fed, "particulièrement du point de vue des millions de travailleurs qui restent sans emplois ou sous-employés".
L'expansion limitée a laissé par ailleurs l'économie vulnérable aux chocs. Bernanke évoque ainsi le tremblement de terre au Japon et la crise de la dette en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) .
"Heureusement, durant les derniers mois, les indicateurs de dépenses, de la production et de l'activité du marché de l'emploi ont montré quelques signes d'amélioration", juge Bernanke. Selon les projections économiques dévoilées par le FOMC, Comité monétaire de la Fed, les participants espèrent une croissance plus forte cette année. "Les perspectives restent incertaines, cependant, et une observation constante des développements économiques reste nécessaire".
Bernanke s'inquiète tout de même du moteur de la consommation, dans un contexte de stagnation des revenus et des patrimoines en 2011, et tandis que l'accès au crédit reste serré pour de nombreux emprunteurs potentiels. Le timonier de la Fed constate une amélioration du sentiment des consommateurs par rapport aux niveaux déprimés de l'été, mais reconnaît que les niveaux des indices de confiance demeurent "encore assez bas en comparaison des standards historiques".
Le président de la Fed explique que les dépenses des ménages dépendront lourdement de l'évolution du marché du travail. Bernanke perçoit une amélioration modeste de la situation de l'emploi durant l'année écoulée, avec une baisse de 1 point de pourcentage du taux de chômage... calculée par le gouvernement. Il relève tout de même que le ratio d'emploi sur la population montre qu'il y a encore "beaucoup de chemin à faire". Bernanke souligne le niveau préoccupant et inhabituel du chômage de long terme.
L'incertitude sur l'emploi et les conditions de crédit continuent de peser sur la demande immobilière.
Toutefois, Bernanke constate la bonne santé des entreprises américaines, point positif dans la reprise actuelle, avec l'augmentation de la production manufacturière et celle des dépenses d'investissement. Après un ralentissement récent attribué notamment à la crise européenne, Bernanke voit des signaux d'amélioration. Si la confiance des entreprises continue de se reprendre, "les firmes US devraient être bien positionnées pour augmenter à la fois leurs dépenses de capitaux et leurs embauches".
Globalement, Bernanke note un ralentissement récent avec les développements en Europe, une combinaison de hauts niveaux de dettes et de faibles perspectives de croissance dans un certain nombre de pays européens, et donc des doutes sur les situations fiscales des nations pesant sur les coûts d'emprunts souverains. Le président de la Banque Centrale américaine évoque aussi les inquiétudes sur la santé des banques européennes et leurs conséquences en matière de crédit. La résolution de ces problèmes demandera selon lui une action concertée des autorités européennes.
La Fed continue par ailleurs d'anticiper une inflation sous contrôle, et conserve sa politique monétaire ultra-accommodante. La Banque prévoit maintenant que les conditions économiques justifient de laisser les taux sur des niveaux exceptionnellement bas, sur les fonds fédéraux, au moins jusqu'à la fin de l'année 2014.
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